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Récits étrangers - Poèmes d'ailleurs

Sa'adi 1215-1292 : auteur persan
Poète de Chiraz

Personne ne sait comme est longue la séparation à l'attente du jour,
Personne ne sait, sauf la captif des chaînes de l'amour.

Même si, pour oublier mon chagrin, je cherchais l'ombre des cyprès,
Je ne pourrais jamais trouver un cyprès pouvant avec toi rivaliser

Qui voudra porter mon message à cette belle infidèle ?
Qui lui dira qu'elle a brisé notre pacte et que moi je suis encore fidèle.

Jurer sur ta vie est un serment indigne de toi,
Mais, jurer sur la poussière de tes pas convient à mon amour pour toi.

Bien que tu ne me sois pas resté fidèle,
Mon regard désire te revoir ma belle.

Pose donc tes pieds à terre tranquillement,
Car c'est sur mon visage que reposent tes pas vraiment.

Le désir de ton union a comme enraciné l'espoir en moi,
Mais le mal d'amour a arraché la patience en moi.

Ta sérénité m'étonne, mais si tu veux bien réfléchir,
Sache que sous chacune de tes boucles se cache un cœur prêt à mourir.

Si ma belle, en te dénudant, tu nous révélais toute ta personne,
On croirait que tu es unique, cachant des roses, en somme.

Oui, je ne suis pas seul à subir ce tourment d'amour,
D'innombrables mains implorent le Seigneur de la nuit et du jour.

A tes yeux d'infidèle, la séparation s'avère bien peu de choses,
Or, regarde sur mon c
œur comme cette lourde douleur se pose.

Oui ma belle, je suis épuisé d'avoir tant soupiré.
Et j'ai peur que les gens s'imaginent que Sa'adi est content de sa bienaimée.


Hafiz 1388 Persan

Sur la mort du fils

Un rossignol avait élevé une rose
avec son sang. Mais le vent a fauché la fleur.

Un perroquet pensait avec plaisir au sucre,
mais le flot du néant emporta ses espoirs.

Prunelle de mes yeux, ton souvenir demeure !
Tu n'as plus de souci, je n'ai que ma douleur.

Au secours, chamelier ! J'ai vu tomber ma charge:
j'avais suivi tes pas, comptant sur ton bon c
œur...

Mon visage est poudreux et mes yeux pleins de larmes,
mais c'est de ce mortier qu'est fait l'azur du ciel.

C'est grâce au mauvais
œil, ô Lune maléfique,
que l'enfant aux sourcils arqués est au tombeau.

Hâfez, au jeu d'échecs, où donc est ta tactique ?
Le fil des jours t'a piégé dans son écheveau.

Date de création : 10/06/2009 - 19:38
Dernière modification : 15/06/2009 - 13:27
Catégorie : Récits étrangers
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