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| Un peu de philo - Sciences
Sciences, techniques, mathématiques Origines : Elle apparaît dès le 6 ième siècle avant JC. La connaissance commune et la connaissance scientifique ont un même objet et une même méthode. Les deux poussent à connaître le monde, l'environnement, et la méthode est inductive. Il s'agit de ramener à une loi, à un sens général. Seulement la science est plus précise sur les notions de quantité, de rigueur et avant de systématiser en loi, par exemple. La science dit Bellot, " est née à la chasse, à la cuisine, à l'atelier " De la pratique on est passé à la théorie. L'homo faber a précédé l'homo sapiens selon Marx, Bergson. L'arpentage a conduit à la géométrie... Le pragmatisme donne la première place à la pratique, à l'utile. Mais il y a aussi des sciences humaines moins rigides. La plus ancienne des sciences humaines est l'histoire. Science et technique Pourtant " les métiers n'ont pas éveillé la raison " dit Alain. La technique vise le succès, la science n'est créée que par la curiosité intellectuelle. La science est une forme de culture, elle évolue par approfondissement. Les techniques, les métiers multiplient la création d'objets. Elles sont inventives, elles s'apprennent et elles peuvent être perfectionnées. C'est l'évolution créatrice. Mais l'homme doit être plus grand que ce qu'il entreprend. Pour Friedman : " oui à la technique, mais à la technique dominée par l'homme. " Dans la technique il y a déjà de la science, dans la science il y a encore de la technique. Pour Alain " l'esprit scientifique s'est formé par les religions plutôt que par les métiers "... La technique Activité première de l'homme mais aussi une des premières formes de la culture, elle s'est développée ultérieurement avec les machines; la science est la seconde. Elle s'est développée comme activité vitale. La lutte pour la vie, le " vouloir-vivre " a poussé les hommes à s'adapter à un milieu cruel et à créer. Si l'animal a l'instinct, l'homme a l'intelligence. La création d'objets précède les recettes d'utilisation. Aujourd'hui sciences et techniques sont souvent confondues. Mais quand on parle de progrès, c'est essentiellement aux progrès techniques que l'on songe. L'homo faber : l'homme avant d'être " sapiens ", c'est-à-dire sage, a commencé comme fabriquant d'outils, donc par la technique empirique ( comme l'arpentage, la médecine...) qui dérive immédiatement de l'expérience. Il y en a des traces qui remontent à la préhistoire. Bergson a mis ce thème en évidence : les âges de l'humanité sont ceux de son outillage. Le concept " art " a précédé celui de technique pour passer vers le 18ième siècle dans le domaine de l'esthétique. Le travail des castors, abeilles, fourmis, est immuable. Il appartient à la génétique de l'espèce. Alors que le travail de l'homme évolue. On trouve d'admirables techniques chez des peuples qui n'avaient aucune science. L'outil est un prolongement de la main de l'homme, comme une prothèse supplémentaire. Il est créé par l'homme en vue d'une action plus efficace. L'outil à l'origine est uniquement destiné à l'utile, au travail le plus rudimentaire. Puis il est devenu arme ou prolongement de la main dans d'autres buts. C'est aussi en quelques sorte " la main pensante " qui a permis à l'homme de devenir créateur. Les progrès ont conduit à la construction des machines, à de nouveaux systèmes de production visant à remplacer carrément l'homme. La grande révolution industrielle, c'est vers le 18ième. Les effets du machinisme sont la nette division dans le travail de l'intellectuel et du manuel dans le monde moderne. C'est la machine qui a provoqué cette subdivision. Si c'est un instrument de progrès, disons que ce n'est pas dans tous les domaines. L'homme a dû apprendre à maîtriser la technique. Comment mettre fin à la scission surtout dans un monde de spécialisation croissante ? La civilisation technicienne moderne Science et technique sont donc liées au niveau de la recherche par exemple. L'homme moderne devient prisonnier de sa technique et de ses inventions. Les moteurs n'annonçaient que la première révolution industrielle, mais avec l'énergie atomique, nous entrons dans la troisième. Et les tâches dans les usines deviennent par moments répétitives et parcellaires. Pour une technique dominée par l'homme L'homme venait d'un milieu naturel, il a essayé de maîtriser son environnement ce qui a créé un malaise et l'homme a fini par devenir dépendant des machines. L'outil a acquis une sorte de réalité indépendante. L'évolution a poursuivi son chemin jusqu'aux différentes révolutions industrielles, jusqu'à la dernière : l'informatique, la cybernétique, tout ce qui traite de l'intelligence artificielle. Cette dernière évolution nous oriente presque vers des machines capables de prendre des décisions élémentaires. Condamner la technique est devenu impossible aujourd'hui. Elle allège le travail, contribue au développement scientifique, corrige les catastrophes naturelles : neige artificielle, irrigation... Reste à éduquer l'homme pour qu'il maîtrise la technique. Les découvertes techniques permettent des progrès scientifiques, comme la découverte du microscope par exemple. Les progrès sont continus. Mais des problèmes subsistent; ils ne sont pas dûs à la technique comme on pourrait le croire, mais toujours à l'homme. Faire faire un procès à la technique est donc absurde. Comme dit la tradition hébraïque : dieu a créé l'homme, l'intelligence humaine a créé la technique et a fait des progrès extraordinaires dans le domaine des sciences. Il a seulement oublié de développer ses qualités morales !!! Le monde mécanisé se déhumanise. L'homme doit apprendre à se réaliser par la culture et les loisirs. Mais la technique n'est pas en cause et elle ne peut que progresser encore. Science et religion La métaphysique classique se penchait sur la nature humaine. L'une comme l'autre sont nées du besoin de comprendre, besoin fondamental bien ancré dans l'homme. Expliquer, c'est toujours trouver la cause. Mais la science avance lentement et par rectifications progressives. D'ailleurs aujourd'hui on devrait dire les sciences tellement les études se différencient selon l'objet qu'elles étudient. et les méthodes utilisées. Il y a aussi des sciences exactes ( les mathématiques ) et d'autres encore en progrès. Au 19ième siècle, on croyait la science capable de résoudre tous les problèmes, mais dès le fin du siècle, Brunetière parle " d'une faillite de la science ". Et Marx se demandait si l'homme serait capable de maîtriser la technique. Sciences expérimentales La plus ancienne des sciences expérimentales est la physique. Elles se différencient des sciences exactes car elles font appel à l'expérience, c'est-à-dire à la preuve par les sens; observations multiples... Elles cherchent ensuite à établir des lois auxquelles obéissent les phénomènes.naturels. Elles comprennent les sciences de la matière : astronomie, physique, chimie, les sciences de la vie : anatomie, physiologie, biologie, et les sciences de l'homme : psychologie, histoire, sociologie. Elles commencent toujours par l'observation des faits. Le fait n'est pas seulement une réalité objective donnée à l'observateur. Il faut un travail de l'esprit pour mettre de l'ordre dans les apparences. " Il faut toujours, dit Alain, remonter de l'apparence à la chose. " Le fait, l'idée doit permettre d'expliquer les apparences. Parfois le fait doit être supposé avant d'être constaté. L'observation loin d'être passive, fait donc intervenir l'hypothèse. Alain dit : " l'on n'observe jamais que ce que l'on a supposé ". " Il faut être bien savant pour saisir un fait. " On part donc de l'hypothèse pour l'expliquer, la démontrer, la prouver. Ensuite on conclut par un raisonnement. Le fait suggère l'idée, l'idée dirige l'expérience, l'expérience juge l'idée. Mais le vrai savant doit refuser les hypothèses métaphysiques invérifiables. L'erreur de la métaphysique est de chercher le pourquoi au lieu de chercher le comment. De chercher aussi la raison d'être et non la manière d'être des choses. Sciences exactes Les mathématiques sont une forme de la pensée. Ce qui fera dire à Descartes qu'elles sont ce qu'il y a de plus facile pour l'homme. ElIes donnent un haut degré d'intelligibilité et un caractère rationnel. * Le déterminisme : tout phénomène a une cause et les mêmes causes produisent les mêmes effets. * Le matérialisme : explication des phénomènes * Le relativisme : tous les phénomènes sont liés. " Exister c'est dépendre " dit Alain. De plus en plus il faut connaître pour agir.Logique et mathématiques Elles comprennent la géométrie, la mécanique, l'arithmétique, l'algèbre. La logique et les mathématiques sont des sciences non concrètes, elles sont un modèle de rigueur. En fait les mathématiques sont plutôt le langage de toutes les sciences et l'outil essentiel. La logique est la science qui a pour objet de déterminer les règles du raisonnement correct, l'art de bien conduire sa raison dans la connaissance des choses. C'est Aristote vers 320 avant J.C qui a créé la logique formelle : discipline qui étudie la forme du raisonnement indépendamment de son contenu. C'est ce que nous appelons un syllogisme, c'est-à-dire une suite de deux propositions qui conduit nécessairement à une conclusion. Exemple : " Tous les hommes sont mortels ( premier prémisse ). Or Socrate appartient à la classe des hommes ( deuxième prémisse ). Donc Socrate est mortel ( conclusion ). La mathématique a été un outil puissant qui a permis le prodigieux essor des sciences de la nature. Elle y a introduit mesure et rigueur et a permis de créer de nouvelles lois. La méthode des mathématiques est une déduction constructive. C'est un modèle de rigueur. Théories, hypothèses Les faits unifient, simplifient les apparences; les lois tirées des faits les coordonnent et les expliquent; les théories coordonnent les lois et cherchent à nous donner une explication des phénomènes en fournissant une représentation concrète. Cette représentation reste symbolique. Leur seule vérité est dans les relations qu'elles établissent. Les principes : comme " tout phénomène a une cause et les mêmes causes produisent les mêmes effets. Pour Kant les principes sont universels parce qu'ils expriment des exigences de la raison. La science cherche les lois, un ordre dans le monde et cette recherche est non pas suggérée par l'expérience, mais par l'esprit de certains. " Nous pensons lois parce que nous pensons " dit Alain. L'œuvre du savant consiste à partir des données sensibles, multiples, à les rendre plus intelligibles, c'est-à-dire conformes aux exigences de la raison, en découvrant en elles l'unité. Les étapes de cette rationalisation sont les faits, les lois et les théories. Quant aux principes, ils sont les fondements et les instruments de la recherche scientifique. Y a-t-il des sciences de l'homme comme il y a des sciences de la nature ? Apparition historique des sciences humaines : A partir du XIX ième siècle, confondue avec la philosophie, la psychologie la première, s'est efforcée de devenir science autonome. La fondation de la sociologie revient à Auguste Comte en 1837. Puis la psychologie accède au statut scientifique avec un pionnier de la psychologie expérimentale. De même l'anthropologie et la psychanalyse ont été fondées en 1900 avec l'interprétation des rêves de Freud. qui décrit l'inconscient comme structure de l'homme et donne à la sexualité une place primordiale.. La science et l'humain se tournent si résolument le dos que l'on a peine à croire que ces deux termes puissent se réunir dans l'expression " sciences humaines ". L'humain attire les philosophes, les romanciers, les poètes, les historiens...Mais le savant ?? Pourtant les sciences de l'homme existent, elles se constituent à partir du XIX ième siècle, et elles sont même nombreuses si on considère l'humain en tant qu' activité dont il est possible d'étudier l'organisation. Mais l'homme est objet de curiosité depuis des millénaires. La notion de nature humaine est antérieure au 19 ième, Quel est leur domaine propre ? Psychologie, sociologie, histoire...L'ensemble des disciplines traitant de ce qui caractérise l'homme. C'est une recherche progressive de tout ce qui peut être universel, général, mesurable, dans l'humain. Si les instruments sont limités, les lois n'en existent pas moins. Mais il s'agit de connaissances approchées. Problème : l'homme y est à la fois un sujet et un objet de compréhension. L'homme doit obéir à des lois comme tout dans la nature selon Spinoza. La science de l'homme est un ensemble de notions répétitives transformées en généralités. Mais cet ensemble de connaissances est dépassé par un courant métaphysique. Restons-nous ainsi dans l'humain ? Déjà les sciences naturelles sont fondées sur des connaissances palpables, sur des données réelles, concrètes : l'expérience lui sert de base pour progresser. Tout fait humain est nécessairement lié à la biologie, à la sociologie et à la psychologie. La science humaine s'appuie aussi sur l'expérience, mais si l'expérience des sciences de la nature est extérieure, dans la nature... la science humaine s'appuie sur l'expérience intérieure de l'homme.. Les premières sont objectives, la seconde est nécessairement subjective. Les sciences expérimentales expliquent la structure et le mécanisme du monde extérieur. C'est la méthode expérimentale. Les sciences de l'homme dépassent cette méthode mouvante, peu sure finalement pour de l'humain qui ne peut représenter avec exactitude, ni le présent, ni le passé encore moins l'avenir indéterminé. La méthode s'appuie bien sûr sur la biologie, mais surtout sur les statistiques. Enfin si toute science est générale, n'oublions pas que chaque homme est particulier. Si l'homme est un tout, la science décompose. Comment concilier le général et le particulier ? On ne pourra jamais qu'esquisser des approches de l'humain, qu'obtenir des connaissances relatives. L'étude scientifique de l'homme devrait se faire comme toute science que sur des bases rigoureusement concrètes. Or l'anthropologie n'est pas une science. Les sciences morales n'ont aucune unité. Les sciences de l'homme procèdent par compréhension directe, intuitive, sympathisante. Bachelard : " Quand il s'agit d'examiner des hommes, des égaux, des frères, la sympathie doit être le fond de la méthode." L'étude du comportement de l'homme dans la société, c'est la sociologie. La sociologie s'appuie parfois sur les mathématiques, la psychologie cherche du côté de la biologie. Mais l'histoire, la linguistique, l'économie, la politique, la géographie ... par exemple sont des sciences d'un caractère parfois douteux. Sans doute qu'il faut expliquer la nature, mais ne faut-il pas seulement essayer de comprendre l'homme ? Psychologie, histoire, ethnographie, biographie ne donnent jamais qu'une explication fragmentaire. Quant à la science de l'homme l'anthropologie par exemple en est déjà une grande partie. Ce qu'il faudrait c'est trouver un moyen de rassembler, d'unifier toutes ces connaissances diverses. Mais est-ce possible et une science de l'homme pourrait-elle aller au-delà de la compréhension ? La sociologie : répond à la loi des statistiques du plus grand nombre. Pour Durkheim l'homme est un animal social. L'homme est capable de se libérer des pressions sociales car la société peut devenir barbarie. Le modèle scientifique Fascinés par le modèle physique, les sciences humaines ont tenté de devenir objectives et positives. Elles ont esquissé plusieurs méthodes : observation, mesure, expérimentations ( pas toujours possibles ). Les exigences d'objectivité font traiter les faits humains comme des choses en les considérant de l'extérieur, sous leurs aspects objectivement observables. Elles permettent de dégager des lois statistiques qui commanderaient les phénomènes humains. Par exemple : étudier le suicide en fonction de critères comme le célibat, la religion... Lacan et Lévi-Strauss dégageaient des structures un ensemble de lois. Mais ils ont un peu oublié l'homme. On explique la nature et on comprend l'homme Il est difficile de concilier la notion de liberté humaine avec l'idée de science.L'homme ne peut être vraiment étudié comme les autres réalités. Les recherches positivistes ignorent aussi l'essence, la conscience et les projets possibles. Les sciences humaines ne peuvent donc totalement s'inspirer des sciences de la nature. L'essence, la conscience, les projets ne sont ni spatiaux, ni mesurables. Ils sont subjectifs. Date de création : 24/04/2008 - 13:38
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