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| Un peu de philo - La liberté
La liberté Avez-vous éprouvé le sentiment d'être libre? Avez-vous éprouvé le sentiment de ne pas être libre ? Sens quotidien du mot liberté : faculté d'atteindre certaines fins Sens philosophique : capacité d'autodétermination. Ambiguïté du mot liberté Forme élémentaire = liberté d'action ou de mouvement. L'absence de contraintes est un leurre. Ce devrait être aussi n'être esclave ni des instincts, ni des coutumes, ni des passions... Pour Rousseau, la liberté naturelle de l'homme implique une dépendance envers cette nature. Il n'est pas de liberté sans contrainte. Si l'homme en société dépend d'autres hommes, et c'est réciproque, il s'agit souvent d'un contrat de travail ou autre. La force ne fait pas le droit. Le contrat devrait être délimité librement de la part des deux partis. On parle si souvent de liberté de nos jours et celle-ci a si souvent été décrite dans la littérature que l'on ne saurait y penser sans superposer des idées venant de réminiscences littéraires. L'élève de J. P. Sartre était libre de choisir entre la Résistance et la Collaboration, entre le départ pour les forces françaises libres et le fait de rester au lycée. Le héros de " l'étranger " de Camus dit : " Je suis libre de tuer l'arabe ". Pourtant la liberté comme la contrainte sont riches de variations. Quelle valeur faut-il leur accorder ? La notion a évolué. Pour Kojève, la conscience libre peut tout nier, tout ce qui peut éloigner de la liberté totale. La conscience de la liberté : Prenons un exemple d'élève qui a un choix d'option. Rien ne l'empêche de choisir ce qui l'ennuie le moins ou ce qui l'attire le plus...Mais il hésite. Indétermination ? Acte volontaire ? L'élève passe par plusieurs étapes : motivation, délibération, décision, exécution. Puis soudain, ne se sentant pas assez libre, il va prendre l'option qui le motive le moins. Simple acte gratuit, entièrement libre croit-il. Et bien ce n'est pas un acte libre car il a été victime d'une autre motivation tout aussi déterminante, l'idée de faire ce qu'il n'avait aucune raison de faire. Dans ce cas l'élève semble libre parce que rien n'est intervenu pour l'empêcher de faire ce choix. Cet élève n'est pas non plus poussé par le désir d'agir gratuitement. L'acte libre est celui qui obéit à une décision réfléchie, prise en connaissance de cause. Pourtant si l'on peut parler de décision raisonnable, ce n'est pas vraiment une décision libre. Un acte ne peut être vraiment libre que " si la personne se reconnaît en lui " dit G. Marcel. Il faudrait alors pour être libre avoir rompu toute espèce de rapport avec la vie en société. Il faudrait vivre seul ou enfermé. Il faudrait alors réfléchir en s'isolant, approfondir la connaissance de soi !!! La conscience de la contrainte : L'élève a un examen. Il s'est inscrit, il se sent obligé d'y aller. Est-il libre de ne pas y aller ? Oui, mais il aurait été éliminé de la compétition pour les études. Paradoxe de Sartre : " Nous n'avons jamais été aussi libres que sous l'occupation allemande " ?! L'obéissance passive, c'est la non-liberté. Si on me dicte une décision, si je ne réfléchis pas, si je ne repense pas la décision, c'est de la non-liberté... Si je ne me révolte pas, si je ne proteste pas, si je ne discute pas, c'est que je me laisse faire et que je cède à la volonté d'autrui. C'est une attitude passive. Y a-t-il de la contrainte dans la passivité ? Non. l'apathie est négative, elle n'est rien. Lorsque je me laisse glisser vers une décision prise par un autre, lorsque je me décide par autosuggestion, il n'y a pas véritablement le sentiment de ne pas être libre. Il y aurait plutôt carence de sentiment; absence totale de la moindre pensée personnelle. Pourtant, si j'analyse le fait, je ressens un échec. De même le mauvais artiste qui n'arrive pas à faire un beau tableau ou un beau poème ressent le sentiment d'échec. Il n'est pas libre, il est dans l'échec. Notre liberté est bien limitée. Pouvons-nous être libres ? Pourtant la conscience de la liberté a toujours été une des caractéristiques de l'homme. Certains reconnaissent le sage, le héros ou le saint. Ces hommes-là ont eu une décision à prendre et ont été conscients d'un moment de liberté. Sans doute le véritable artiste doit-il passer par cette pleine conscience du choix de ses mots, de la pleine responsabilité de ses actes. Sartre a insisté sur cette attitude : l'homme se sent libre, seul, responsable lorsqu'il est " injustifiable et sans excuse ". Plus l'acte est libre, plus sa valeur est grande. Ne pas confondre libre et gratuit. L'acte libre est comme la libération du moi profond qui n'agira qu'une ou deux fois peut-être dans une vie. Mais le sentiment de la contrainte est beaucoup plus enrichissant encore que celui de la liberté, car sentir ses limites, c'est vraiment progresser. La conscience de l'échec est amère, mais elle peut être tonique lorsqu'on a la force de le surmonter. Sentir l'obstacle, c'est déjà commencer à le surmonter. La mauvaise foi du perpétuel vaincu est stérile alors que les essais, les erreurs peuvent donner à l'homme le désir du progrès. Celui qui se sent dépassé peut avoir envie de se surpasser. L'échec pousse à être dynamique. L'homme enchaîné aspire à la liberté... L'homme libre ou qui se croit libre, se complaît dans sa liberté et devient déjà esclave de cette complaisance. La liberté est donc inertie ou alors elle n'est que comme un don fugitif et sa possession est le début de sa fin. Il ne faut pas non plus se fier à l'appréciation de soi de chaque artiste. Léonard de Vinci n'était jamais conscient d'avoir bien fait tandis que d'autres qui ne le valent pas, sont enchantés de leur œuvre. Le sentiment de son libre arbitre n'est guère plus sûr. L'angoisse de l'échec, la conscience de nos limites, le déni quasi inconscient de certaines choses modifient notre interprétation. Il faut admettre en fait que nous sommes tous candidats à des échecs éventuels, à des refus...La contrainte conduit souvent à se dépasser. La déception annihile les réactions positives. La conscience de la liberté n'est rien si elle n'est pas utilisable. La liberté ne sera pas à cheval entre la contrainte et la déception, elle sera une conquête permanente. La valeur de la conscience de la liberté tient compte de notre responsabilité. Il faut se sentir responsable pour que la liberté ait un sens. Elle n'est pas acte gratuit ou stérile. Fatalisme et déterminisme sont opposés à l'idée de liberté. Pour Spinoza il n'y a dans l'être aucune volonté libre. Pour les fatalistes, tout ce qui peut arriver dans le monde est écrit ou prédit et on n'y pourrait rien, malgré les efforts. Il fait appel à une puissance mystérieuse. Superstition, pensée irrationnelle qui enchaîne l'homme à un destin. De manière plus profonde, la personne peut se réaliser en suivant la logique d'un caractère, parfois un peu le poids de l'hérédité, mais chacun devient " ce qu'il est ". ( Héros romantique ). Mais c'est une excuse qui conduit à la paresse. Déterminisme ? On ne peut appliquer à la conduite humaine un modèle scientifique conçu pour les phénomènes physiques, car l'homme doit rester libre et doit et peut à tout moment choisir, ou même modifier les conséquences d'un certain déterminisme, jamais total. Liberté et raison La raison, c'est l'idée claire. Selon Descartes, l'homme se libère par son intelligence et par son savoir. La liberté obéit donc à la raison. Pour Descartes encore, la liberté a deux degrés : un pouvoir de choisir, mais aussi une irrésistible adhésion à la suite de l'idée claire, de la raison, de l'évidence.. La véritable liberté est rationnelle. " Afin que je sois libre, il n'est pas nécessaire que je sois indifférent. ( Descartes ) Pour Kant dans " fondement de la Métaphysique des mœurs", et " critique de la raison pratique ", "la liberté prouve l'autonomie de la volonté. La raison dicte une loi morale universelle. La volonté s'incline devant les désirs sensibles. L'esprit a un pouvoir sur le corps. La liberté du sage est obéissance au devoir. La liberté existentielle ( Sartre ) L'homme fait perpétuellement des choix. Il est et il devient ce qu'il se fait lui-même. Il a à tout instant le pouvoir de dire oui ou non. L'inconscient même n'existerait pas. Il dépouillerait l'homme de son libre choix.. Liberté et responsabilité La liberté totale devrait supposer la responsabilité totale. Elle devient dans ce cas pour certains fardeau ou négligence, insouciance !!!Selon Sartre, nous sommes condamnés à être libres. Conclusion : La liberté n'est jamais un bien que l'on possède définitivement. Platon : " Chacun est responsable de son choix ". L'homme se libère par son intelligence, son savoir et par sa volonté et son travail. Un travail, pas un esclavage !!! Date de création : 27/03/2008 - 18:15
| Phrase du mois Ne pense pas aux choses que tu n’as pas… Fais plutôt le compte des biens les plus précieux que tu possèdes, et songe à quel point tu les rechercherais, si tu ne les avais pas. Marc-Aurèle Visites
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