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| Oeuvres connues - Pascal et Montaigne
Pascal et Montaigne Le français est discuteur, c'était autrefois un lecteur acharné...Ronsard, Boileau, Pascal ont lu soit les textes latins ou grecs soit les réflexions philosophiques. Pascal a lu Montaigne. Mais lorsque Pascal entreprenait un " exercice sur terre " il ne le faisait pas à moitié. Aussi a-t-il mieux lu Montaigne que Montaigne lui-même n'avait lu Plutarque ou Sénèque.. La " librairie " de Pascal se borne à peu d'auteurs, mais il las sait par coeur. Les deux sources de sa morale et de sa religion ont donc été Epitècte et Montaigne. Le reste est secondaire. Chaque jour il se limitait à quelques pages des " essais ". Aussi les " pensées " de Pascal prolongent ou réfutent les " essais "... Montaigne a montré le premier cette misère de l'homme sans dieu. Pascal va donc reprendre l'idée maîtresse des " essais " : l'impuissance de la raison, l'impossibilité de se fier aux sens ou à l'imagination, ces " puissances trompeuses ", ces " maîtresses d'erreur ", les passions, les coutumes...l'homme est " une nature corrompue ". Montaigne écrit : " Les lois se maintiennent... non parce qu'elles sont justes, mais parce qu'elles sont lois... c'est le fondement de leur autorité ". Pascal rétorque : " Rien n'est juste... tout branle avec le temps, la coutume fait toute l'équité; c'est le fondement ... de son autorité ". Montaigne avance : " Quelle vérité que ces montagnes bornent, qui est mensonge au monde qui se tient au-delà _ Quelle bonté que le trait d'une rivière fait crime " et Pascal reprend : " plaisante justice qu'une rivière borne : vérité en deçà des Pyrénées, erreur au-delà ". Mêmes formules, mêmes exemples, même métaphores... Pascal annote son Montaigne, il le médite il le repense : " penser fait la grandeur de l'homme " dit Pascal. " Travaillons donc à bien penser ", voila le principe de sa morale. " C'est l'entendement qui domine et qui règle, toutes autres choses sont aveugles, sourdes et sans âme. On croirait presque entendre Voltaire à la fin de Candide ; " Cultivons notre jardin ". Mais Pascal on le sait ne va pas rester au niveau de Montaigne. Sa mystique de la porte étroite va contribuer à l'amener vers les sphères de la foi. " Rien n'est si insupportable à l'homme que d'être dans un plein repos... il sent alors son néant, son abandon, son impuissance, son vide... " Reste donc entre eux seulement l'idée commune de lutter contre la sottise et les préjugés du monde. Mais finalement " ce n'est pas dans Montaigne, dit Pascal, mais dans moi que je trouve tout ce que j'y vois " . "L'honnête homme ", le libertin... n'ont servi à Pascal que de cible ou de thème à de brillantes variations. L'humanisme de Montaigne ne peut lui être odieux, mais Pascal le dépasse et vise l'infini par sa mystique. Date de création : 27/03/2008 - 07:07
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