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| Poésie - Poèmes oubliés
La chanson de Roland (chanson de geste, ) exploits guerriers, aventures extravagantes, héroïsme Olivier sent qu'il est blessé à mort Jamais il ne saurait assez se venger, En pleine mêlée, maintenant Il tranche les épieux et les boucliers Il frappe comme un baron. Ballade des pendus ( Villon; M âge ) Frères humains qui après nous vivez, N'ayez les cœurs contre nous endurcis, Car si pitié de nous pauvres avez, Dieu en aura plus tôt de vous merci. La pluie nous a débués et lavés Et le soleil desséchés et noircis: Puis , corbeaux nous ont les yeux crevés Et arraché la barbe et les sourcils 16 ième Du bellay Déjà la nuit en son parc amassait Un grand troupeau d'étoiles vagabondes, Et pour entrer aux cavernes profondes, Fuyant le jour, ses noirs chevaux chassaient Comme on passe en été le courant sans danger, Comme on voit les couards animaux outrager Le courageux lion gisant dessus l'arène, Ensanglanter leurs dents et d'une audace vaine provoquer l'ennemi qui ne se peut venger; Et comme devant Troie on vit des Grecs encor Braver les moins vaillants autour du corps d'Hector Et osent les vaincus les vainqueurs dédaigner Comme le champ semé... Comme le champ semé en verdure foisonne, De verdure se hausse en tuyau verdissant, Du tuyau se hérisse en épi florissant, D'épi jaunit en grain, que le chaud assaisonne; Et comme en la saison le rustique moissonne Les ondoyants cheveux du sillon blondissant, Le met d'ordre en javelle, et du blé jaunissant Sur le champ dépouillé mille gerbes façonne : Ainsi de peu à peu crût l'empire romain, Tant qu'il fut dépouillé par la barbare main, Qui ne laissa de lui que ces marques antiques Que chacun va pillant, comme on voit le glaneur, Cheminant pas à pas, recueillir les reliques De ce qui va tombant après le moissonneur. Las ! où est maintenant... Las ! où est maintenant ce mépris de fortune ? Où est ce cœur vainqueur de toute adversité, Cet honnête désir de l'immortalité, Et cette honnête flamme au peuple non commune ? Où sont ces doux plaisirs qu'au soir, sous la nuit brune, Les Muses me donnaient, alors qu'en liberté, Dessus le vert tapis d'un rivage écarté, Je les menais danser aux rayons de la lune ? Maintenant la Fortune est maîtresse de moi, Et mon cœur qui soulait être maître de soi, Est serf de mille maux et regrets qui m'ennuient. De la postérité je n'ai plus de souci, Cette divine ardeur, je ne l'ai plus aussi, Et les Muses de moi, comme étranges, s'enfuient. France, mère des arts... France, mère des arts, des armes et des lois, Tu m'as nourri longtemps du lait de ta mamelle : Ores, comme un agneau qui sa nourrice appelle, Je remplis de ton nom les antres et les bois. Si tu m'as pour enfant avoué quelquefois, Que ne me réponds-tu maintenant, Ô cruelle ? France, France, réponds à ma triste querelle, Mais nul, sinon Écho, ne répond à ma voix. Entre les loups cruels j'erre parmi la plaine; Je sens venir l'hiver, de qui la froide haleine D'une tremblante horreur fait hérisser ma peau. Las ! Tes autres agneaux n'ont faute de pâture, Ils ne craignent le loup, le vent, ni la froidure : Si ne suis-je pourtant le pire du troupeau. Heureux qui comme Ulysse... Heureux qui, comme Ulysse, a fait un beau voyage, Ou comme cestui-là qui conquit la toison, Et puis est retourné, plein d'usage et raison, Vivre entre ses parents le reste de son âge ! Quand reverrai-je, hélas ! de mon petit village Fumer la cheminée, et en quelle saison Reverrai-je le clos de ma pauvre maison, Qui m'est une province et beaucoup davantage ! Plus me plait la séjour qu'ont bâti mes aïeux Que des palais romains le front audacieux: Plus que le marbre dur me plaît l'ardoise fine, Plus mon Loire Gaulois que le Tibre latin, Plus mon petit Liré que le mont Palatin, Et plus que l'air marin la douceur angevine. Marcher d'un grave pas Marcher d'un grave pas et d'un grave sourci, Et d'un grave souris à chacun faire fête... Voilà de cette cour la plus grande vertu, Ronsard 16 ième A la fontaine Bellerie O Fontaine Bellerie Belle fontaine chérie De nos nymphes... Contre les bûcherons de la forêt de Gastine Écoute, bûcheron, arrête un peu le bras ! Ce ne sont pas des bois que tu jettes à bas; Ne vois-tu pas le sang, lequel dégoutte à force, Des nymphes qui vivaient dessous la dure écorce ?... Quand je suis vingt ou trente mois Quand je suis vingt ou trente mois Sans retourner en Vendômois, Plein de pensées vagabondes, Plein d'un remord et d'un souci, Aux bois, aux antres, et aux ondes : " Rochers, bien que soyez âgés De trois mille ans, vous ne changez Jamais ni d'état ni de forme : Mais toujours ma jeunesse fuit, Et la vieillesse qui me suit De jeune en vieillard me transforme... Comme un chevreuil Comme un chevreuil, quand le printemps détruit Du froid hiver la poignante gelée, Pour mieux brouter la feuille emmiellée, Hors de son bois avec l'aube s'enfuit; Et seul et sûr, loin de chiens et de bruit, Or sur un mont, or dans une vallée, Or près d'une onde à l'écart recélée, Libre, folâtre où son pied le conduit; De rets ne l'arc sa liberté n'a crainte, Sinon alors que sa vie est atteinte D'un trait meurtrier empourpré de son sang; Ainsi j'allais, sans espoir de dommage, Le jour qu'un œil, sur l'avril de mon âge, Tira d'un coup mille traits en son flanc. Mignonne, allons voir si la rose... Mignonne, allons voir si la rose Qui ce matin avait déclose Sa robe de pourpre au soleil, A point perdu cette vesprée Les plis de sa robe pourprée, Et son teint au vôtre pareil. Las ! Voyez comme en peu d'espace, Mignonne, elle a dessus la place, Las, las ses beautés laissé choir ! O vraiment marâtre Nature, Puisqu'une telle fleur ne dure Que du matin jusques au soir ! Donc, si vous me croyez, mignonne. Tandis que votre âge fleuronne En sa plus verte nouveauté, Cueillez, cueillez votre jeunesse : Comme à cette fleur, la vieillesse Fera ternir votre beauté Comme on voit sur la branche Comme on voit sur la branche, au mois de mai, la rose, En sa belle jeunesse, en sa première fleur, Rendre le ciel jaloux de sa vive couleur, Quand l'aube, de ses pleurs, au point du jour l'arrose; La Grâce dans sa feuille, et l'Amour se repose, Embaumant les jardins et les arbres d'odeur; Mais, battue ou de pluie ou d'excessive ardeur, Languissante, elle meurt, feuille à feuille déclose; Ainsi, en ta première et jeune nouveauté, Quand la terre et le ciel honoraient ta beauté, La Parque t'a tuée, et cendre tu reposes. Pour obsèques reçois mes larmes et mes pleurs, Ce vase plein de lait, ce panier plein de fleurs, Afin que, vif et mort, ton corps ne soit que roses. L'an se rajeunissait L'an se rajeunissait en sa verte jouvence Quand je m'épris de vous, ma Sinope cruelle : Seize ans était la fleur de votre âge nouvelle, Et votre teint sentait encore son enfance. Quand vous serez bien vieille Quand vous serez bien vieille, au soir, à la chandelle, Assise auprès du feu, dévidant et filant, Direz, chantant mes vers, en vous émerveillant : " Ronsard me célébrait du temps que j'étais belle ! " Lors, vous n'aurez servante oyant telle nouvelle, Déjà sous le labeur à demi sommeillant, Qui au bruit de Ronsard ne s'aille réveillant, Bénissant votre nom de louange immortelle. Je serai sous la terre, et, fantôme sans os, Par les ombres myrteux je prendrai mon repos : Vous serez au foyer une vieille accroupie, Regrettant mon amour et votre fier dédain. vivez, si m'en croyez, n'attendez à demain: Cueillez dès aujourd'hui les roses de la vie. Je n'ai plus que les os Je n'ai plus que les os, un squelette je semble, Décharné, dénervé, démusclé, dépoulpé, Que le trait de la mort sans pardon a frappé; Je n'ose voir mes bras que de peur je ne tremble. Apollon et ses fils, deux grands maîtres ensemble, Ne me sauraient guérir, leur métier m'a trompé; Adieu, plaisant soleil ! Mon œil est étoupé, Mon corps s'en va descendre où tout se désassemble. Quel ami, me voyant en ce point dépouillé, Ne remporte au logis un œil triste et mouillé, Me consolant au lit et me baisant la face, En essuyant mes yeux par la mort endormis ? Adieu, chers compagnons ! Adieu, mes chers amis ! Je m'en vais le premier vous préparer la place. 17 ième Le poète devient un bon ouvrier du vers... Malherbe et ses disciples composent odes, stances... Consolation à M. DupérierIl considèrera plus tard " le marinisme " comme une erreur de jeunesse à combattre. Il n'hésite pas à faire des remarques acerbes sur certains rivaux. Il fait preuve d'éloquence et de lyrisme; la facture de ses odes, de ses stances est impeccable. Il fait preuve aussi de lyrisme et de plastique : " Et les fruits passeront la promesse des fleurs ". La fonction du poète pour lui est d'être un bon ouvrier du vers et non pas un mage. Il faut savoir aussi admirer l'inflexible autorité avec laquelle il rappelle au sentiment de leur néant ces grands de la terre qu'il a lui-même si souvent adulés. Ta douleur, Dupérier, sera donc éternelle Et les tristes discours Que te met en l'esprit l'amitié paternelle L'augmenteront toujours ? Le malheur de ta fille au tombeau descendue Par un commun trépas, Est-ce quelque dédale où ta raison perdue Ne se retourne pas ? Je sais de quels appas son enfance était pleine, Et n'ai pas entrepris Injurieux ami, de soulager ta peine Avec que son mépris. Mais elle était du monde où les plus belles choses Ont le pire destin, Et rose elle a vécu ce que vivent les roses, L'espace d'un matin. Puis, quand ainsi serait que, selon ta prière, Elle aurait obtenu D'avoir en cheveux blancs terminé sa carrière, Qu'en fût-il advenu ? Penses-tu que, plus vieille, en la maison céleste Elle eût eu plus d'accueil ? Ou qu'elle eût moins senti la poussière funeste Et les vers du cercueil ? Non, non, mon Du Périer, aussitôt que la Parque Ôte l'âme du corps, L'âge s'évanouit au deçà de la barque Et ne suit point les morts... La Mort a des rigueurs à nulle autre pareilles; On a beau la prier, La cruelle qu'elle est se bouche les oreilles Et nous laisse crier. Prière pour le roi Henri le grand Conforme donc, Seigneur, ta grâce à nos pensées; Ôte-nous ces objets, qui des choses passées Ramènent à nos yeux le triste souvenir Beaux et grands bâtiments Beaux et grands bâtiments d'éternelle structure, Superbes de matière et d'ouvrages divers, Où le plus digne Roi qui soit en l'univers Aux miracles de l'art fait céder la nature; Beau parc, et beaux jardins, qui dans votre clôture Avez toujours des fleurs et des ombrages verts, Non sans quelque Démon qui défend aux hivers D'en effacer jamais l'agréable peinture; Lieux qui donnez aux cœurs tant d'aimables désirs, Bois, fontaines, canaux, si parmi vos plaisirs Mon humeur est chagrine et mon visage triste, Ce n'est point qu'en effet vous n'avez des appas, Mais, quoi que vous ayez, vous n'avez point Caliste, Et moi je ne vois rien quand je ne la vois pas. Les heureux succès de la Régence La discorde aux crins de couleuvres Peste fatale aux potentats... Et si ta faveur tutélaire Fait signe de les avouer, Jamais ne partit de leurs veilles Rien qui se compare aux merveilles Qu'elles feront pour te louer. Mainard En 1611 il devient président au présidial d'Aurillac. Il compose des odes et des stances. Il aime aussi l'épigramme. Il passe de la verve réaliste à la sensibilité élégiaque, voire même à des couplets impies. Racan Son élégie pastorale se ressent dans ses psaumes. et les " Bergeries ont une intrigue compliquée, leur satyre, leur magicien... paraissent fanés. Mathurin Régnier et la satire bernesque qui est une caricature. Dans son épithaphe force plaisamment la note. Corneille : Le Cid L'amour naissant A peine je vous vis, que mes frayeurs cessées Laissent évanouir l'image du trépas. Et que je sens couler dans mes veines glacées Un je ne sais quel feu que je ne connais pas. J'ai senti de l'estime et de la complaisance, De l'amitié, de la reconnaissance; De la compassion les chagrins innocents M'en ont fait sentir la puissance; Mais je n'ai point encore senti ce que je sens. Je ne sais ce que c'est, mais je sais qu'il me charme, Que je n'en conçois point d'alarme : Plus j'ai les yeux sur vous, plus je m'en sens charmer. Tout ce que j'ai senti n'agissait point de même, Et je dirais que je vous aime, Seigneur, si je savais ce que c'est que d'aimer. Ne les détournez point, ces yeux qui m'empoisonnent, Ces yeux tendres, ces yeux perçants, mais amoureux, Qui semblent partager le trouble qu'ils me donnent. Hélas ! plus ils sont dangereux, Plus je me plais à m'attacher à eux. Par quel ordre du ciel, que je ne puis comprendre, Vous dis-je plus que je ne dois, Moi de qui la pudeur devrait du moins attendre Que vous m'expliquassiez le trouble où je vous vois ? Vous soupirez, Seigneur, ainsi que je soupire : Vos sens comme les miens paraissent interdits. C'est à moi de m'en taire, à vous de me le dire; Et cependant c'est moi qui vous le dis. Queneau Si tu t'imagines si tu t'imagines fillette fillette si tu t'imagines xa va xa va xa va durer toujours la saison des za la saison des za saison des amours ce que tu te goures fillette fillette ce que tu te goures Date de création : 24/02/2008 - 16:02
| Phrase du mois L’amour, c’est le droit que l’on donne à l’autre de nous persécuter. Fedor Dostïevski Visites
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