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Récits étrangers

Des contes pour enfants venus d'autres continents :

 


From Africa

Written and illustrated by Jacqui Taylor


A baobab is big

Un baobab est gros, c'est une sorte d'arbre. Il pousse seulement en Afrique. Il est bien plus gros que moi dit un petit garçon namibien.

Il me semble que le baobab pousse les pieds en l'air. Avec le haut en dessous - où les racines devraient être - et des racines au lieu de feuillage.

On disait il y a très très longtemps que dans un coup de colère, un dieu renversa le baobab et le planta à l'envers !

Parfois à l'intérieur d'un baobab on trouve un espace creux, bon pour y jouer et pour se cacher, ou juste pour y trouver un endroit tranquille.

Le baobab est un grand hôtel pour de nombreux animaux que je connais, un petit singe, un gros babouin, un bruyant calao, un gecko.

Parfois une petite pluie se rassemble tout en haut dans les branches de l'arbre, où des créatures viennent se baigner et boivent quand il fait vraiment très très chaud.

Le baobab a une fleur d'un blanc crémeux et très pur, une fleur que vous ne pouvez jamais cueillir, c'est immensément beau d'un coup d'œil.

Le baobab a une cosse contenant des graines que j'aime manger. Leur nom est crème de " tartar" . c'est mon régal.

Si je pouvais avoir un baobab tout à moi, je choisirais le plus gigantesque et le plus creux et je l'appellerai : " home sweet Home "


hello Aloe

Hello Aloès, comment vas-tu ? Tu atteins le ciel bleu. Il me semble que ce qui fait ta réputation, ce sont tes feuilles de cuir et tes fleurs de flamme.


Mr Tortoise

Salut M. tortue, dans votre coquille de tortue. Je suis sûr que vous vous y sentez en sûreté, mais il fait bon dehors aussi !


Lilith and the Loerie bird

Un jour, Lilith paraissait, allongée à l'ombre d'un gros arbre. Elle regardait les nuages naviguer au-dessus, comme des bateaux sur la mer.

Les nuages changeaient avec le vent, elle les voyait se transformer et s'étirer en différentes formes, depuis son petit coin ombragé en dessous.

Lilith était tranquillement allongée là, perdue dans les nuages changeants. Quand soudain elle entendit un cri; c'était tout près, grossier et fort ! La voix disait " va-t-en !" Et elle semblait venir du ciel. La pauvre Lilith se mit immédiatement à courir pour rentrer chez elle où elle se mit à pleurer.

" Oh Maman, j'étais seulement allongée là-bas, je me contentais de rêver tranquillement, quand quelqu'un m'a crié grossièrement : " va-t-en " depuis le sommet du gros arbre. "

Sa mère la serra dans ses bras, puis elle lui dit : " ma chérie ce que tu as entendu, ce n'était pas quelqu'un de grossier ou une phrase dite avec intention, c'était ce vieil oiseau gris le " loerie ".

C'était un avertissement avant coureur, un appel pour dire à ses amis de fuir face à toutes les autres bêtes sauvages qui pourraient manger ses amis en les considérant comme des proies.

Alors elles sortirent dans le jardin pour trouver le coupable dans l'arbre. Et Lilith dit : " tu es un vilain oiseau, pour m'avoir joué un tel tour."


The springbok

Le springbok est une petite gazelle, qui connaît l'art de bien bondir. S'il faisait à l'école une course d'obstacles il nous battrait tous et gagnerait la première place !


Daddy's Aeroplane

Papa est monté dans un aéroplane. Nous sommes allés lui dire " au revoir ". Il est monté dans le jumbo jet qui s'est élevé dans le ciel.

Nous avons regardé l'avion argenté et gigantesque, nous l'avons vu devenir tout petit en une minute. J'ai demandé à Maman: " L'avion est si petit, comment papa peut-il encore être dedans.


Big Bugs

Que vous soyez grand ou petit, vous avez le droit de vivre. Souviens-toi de cette morale venue d'Afrique.


Percy's Potjie

Percy est mon python, un cadeau de mon père. Au début il était tout petit mais il devint bien plus grand plus tard ! Nous avons trouvé une marmite qui allait très bien, nous avons mis un doux coussin dedans et mon Percy a grimpé et s'est coulé dans son lit. Il y montrait une image de pure fierté. Percy grandit et changea de peau comme tous les serpents font et tristement la marmite de Percy ne put plus le contenir. Mes parents eurent pitié de Percy et de son problème. Aussi allèrent-ils acheter une énorme marmite hors dimensions, faite pour un roi ou un géant ! Percy eut donc une nouvelle marmite. il était aussi content qu'on peut l'être. Et sa vieille marmite était parfaitement à ma taille.


The sun

Au coucher, le soleil est comme une énorme balle rouge et pourtant à midi, juste au-dessus de nous il est brillant et très petit.

 

 

Namibie

Les bushmen ne sont pas des gens très bavards. Quand un Bushman tombe amoureux d'une femme il tire une flèche dans sa butte de tir. Si la femme sort la flèche et la casse, elle montre qu'elle ne l'aime pas. Mais si elle retire la flèche et la pose sur son cœur, elle lui montre qu'elle l'aime.


Un rêve Namibien ( Nandoli von Marées et Shiya Karuseb )

Il y a bien longtemps en Namibie, par un beau matin, le soleil se promenait et il s'ennuyait parce qu'il n'y avait aucun animal. C'était avant la création des animaux et des hommes, le monde était alors occupé par des esprits. Le soleil était encore sur la terre et pas aussi éloigné qu'il est maintenant. C'était le temps où le soleil était encore le protecteur du monde. C'est alors que le soleil eut une idée. Il a appelé tous les esprits et il a créé les animaux. Il a créé des animaux très différents : des antilopes, des chats sauvages, des oiseaux et des poissons. Tous vivaient pendant la journée et dormaient pendant la nuit.
Mais, certains animaux n'étaient pas contents du soleil. Ils pensaient qu'il était trop chaud et trop brillant et ils décidèrent alors de le tuer pour être libérés.
Les autres animaux qui aimaient le soleil, l'avertirent du danger qu'il courait. Le soleil convoqua alors les traîtres pour qu'ils expliquent pourquoi ils étaient mécontents. Mais les traîtres n'eurent pas le courage de lui répondre.
Tout à coup, l'un d'eux, la hyène, qui était l'animal le plus couard de tous, profita du fait que le soleil lui tournait le dos, pour lui décocher une flèche. La flèche aurait tué le soleil si le kudu ne l'avait vue et ne s'était mis entre la flèche et le soleil.
Le soleil fut très surpris sur le moment, mais il se reprit bien vite et captura les traîtres avec son filet.
Puis le soleil se soucia du kudu. Mais il était trop tard. Il était mort et le soleil ne put que lui fermer les yeux. Depuis ce jour, chaque fois qu'un kudu meurt, il tourne toujours sa tête vers le soleil pour lequel il est mort, il y a si longtemps...
Le soleil était triste et furieux de la mort du kudu et il maudit les traîtres. Il leur déclara que s'ils les revoyait encore une fois, il les tuerait. A partir de ce jour, ils ne purent plus chasser que la nuit. Cette décision ne concernait pas seulement les cochons et les porcs-épics qui désormais durent vivre sous terre, mais aussi les hyènes, les chats sauvages, les chouettes, les chauves-souris et beaucoup d'autres animaux qui, aujourd'hui, ne sortent que la nuit.
On raconte, qu'après cela, le soleil dota la hyène d'un rire si horrible que personne ne pouvait le supporter. On ajoute encore que le soleil donna aux animaux demeurés loyaux les moyens de se protéger de sa chaleur et de sa clarté. Ensuite, parce qu'il ne voulait plus rester sur la terre, le soleil la quitta pour aller au centre de l'univers. Mais avant son départ, il déclara qu'il surveillerait toujours les animaux. C'est depuis ce jour que le soleil est si loin de nous.
Mais il y avait des traîtres qui ne voulurent pas accepter leur sort. La taupe, par exemple, ne supportait pas de vivre que la nuit et elle vint chasser un jour que le soleil resplendissait de lumière. Ses yeux n'étaient pas adaptés à la clarté et elle perdit la vue. Elle eut encore la chance de retrouver son trou. Mais, après cela, les taupes ne retrouvèrent jamais plus la vue.
Tous les traîtres ont payé pour leur trahison à un prix fort. Ils doivent désormais éternellement vivre dans l'obscurité. Le kudu, quant à lui est devenu un héros grâce à son courage et c'est pour cela que tout le monde le respecte aujourd'hui encore.


Madagascar

Le petit oiseau qui mange les yeux

Un jour il y avait un petit garçon âgé de trois ans qui pleurait tout le temps. Sa maman pourtant le choyait beaucoup. Mais cela n'y faisait rien. Excédée, sa maman lui dit : Si tu ne cesses pas tes caprices, le petit oiseau qui mange les yeux viendra...A la saison sèche les petits oiseaux ont très faim, parce qu'il n'y a rien à manger pour eux. Alors... alors... tu vas voir.
On raconte cette histoire aux enfants capricieux.


Le caméléon

Un monstre fabuleux dit un jour au chasseur qui faisait griller une pintade :
- " fais griller ta pintade, donne-la à ton chien, mange après ton chien, puis je te mangerai
".
L'homme eut peur. Il ne connaissait pas ce monstre énorme aux yeux globuleux
Quelqu'un eut pitié de lui et une autre voix résonna :

- "fais griller ta pintade, donne-la à ton chien, mange après ton chien, ce monstre te mangera, et après, je mangerai le monstre.
Le monstre ne sachant qui parlait ainsi eut peur à son tour et s'éloigna.
Le chasseur découvrit alors un petit caméléon discrètement caché dans les branchages...
C'est depuis ce temps dit-on à Madagascar, que l'on vénère les caméléons.

Le crocodile et le sanglier

 
Ils se rencontrèrent par hasard, et par hasard ils se parlèrent en amis.
- Bonjour, caïman, lança le caïman
- Bonjour, sanglier, répondit le caïman.
-  Les deux géants se rencontrent se dirent les petits oiseaux, allons-nous en plus loin.
- Les deux géants se saluent, se dirent les caméléons, la paix est donc conclue, approchons maintenant sans crainte.
- Bonjour caïman, salua encore une fois le sanglier.
Le saurien cligna de l'œil, puis il dit :
- Mon ami, avec ta tête si basse, peux-tu vraiment tuer les autres ? Les vois-tu bien ?
- Moi ? répondit le sanglier, je baisse la tête car je pense toujours. J'ai l'air de fermer les yeux, mais j'épie chaque chose. Mais toi qui rampes tout le temps, comment fais-tu ?
- Il faut toujours se méfier de celui qui rampe, répondit le caïman.
Tandis que les deux amis vantaient leurs pouvoirs respectifs, le caïman s'approchait doucement, en rampant, tandis que le sanglier, tout en paraissant ne rien voir, épiait d'un
œil malin. Soudain le caïman sauta et brisa les reins du sanglier, tandis que tout aussi rapidement le sanglier d'un coup de ses défenses arrachait les intestins du caïman.
Les deux géants moururent en même temps.
- Voila ce qui devait arriver, chantèrent les oiseaux.
- Fuyons, leurs cadavres feront encore du mal, clamèrent les caméléons.


Le caractère bouillant du jeune homme

Un jeune homme recherchait plutôt qu'à courtiser les jeunes filles, " l'extraordinaire ".
Un jour il cueillait du miel et sa faisait piquer, un autre jour il foula au pied un boa  et c'était bien la prédiction d'un malheur extraordinaire car le boa est  comme " tabou ", il se battit avec un sanglier qu'il tua et il révolta ainsi tous ceux de son espèce... Mais le jeune homme jamais satisfait pensait toujours rencontrer ou vivre quelque chose de plus extraordinaire encore, malgré les conseils du père ou des sages...
Il partir enfin avec dans un sac des tubercules. il rencontra le fils du tonnerre qui cherchait ses 8 chèvres.
- Elles doivent être dans ton sac " dit-il au jeune homme et malgré ses protestations, le jeune homme dut ouvrir le sac. celui-ci ne contenait plus les 8 tubercules, mais têtes de chèvres !!! Il fut fait prisonnier et ne fut libéré que grâce à son père.
Après cela il devint sage. Certains enfants n'en font qu'à leur tête et ne veulent croire qu'en leur propre expérience. C'est bon parfois, mais ils peuvent aussi devenir des victimes.


Je préfère ma brousse ( par Clémence Maghal )

Cette histoire commence dans un campagne, non loin de Tananarive où se trouve le site touristique d'Antsahadinta qui date du temps où l'île était encore la belle île verte. Ce site n'est qu'à quelques kilomètres de la capitale et la route qui y mène devient impraticable, au fil du temps. Malgré cela les touristes arrivent en taxi-brousse et continuent à visiter les lieux où a vécu et où est mort le grand roi Ranavalona. Il parle aussi de la végétation locale qu'il connaît parfaitement.
Zazah est un jeune garçon de 16 ans qui sert de guide aux vazahs, c'est-à-dire aux touristes blancs,
depuis l'âge de 7 ans. Ses pourboires servent à  compléter les revenus de sa mère et donc à nourrir sa famille. Sa mère est veuve. Elle tient une pauvre petite épicerie. Elle a un autre fils et une fille. ILa vie à Madagascar est rude. ls n'ont souvent pour tout repas qu'un peu de riz ou de manioc, du sucre, du café...
Zazah travaille en tenue légère. Sa culotte est d'un blanc un peu sale, sa chemise à carreaux n' aplus qu'un seul bouton.
Un jour un vasah qui le trouve intelligent, lui propose un emploi de jardinier, chez un ami médecin  qui vit dans la capitale. Bien que Zazah préfère sa brousse, il accepte d'aller à la ville gagner plus d'argent pour sa famille.
Pendant trois ans, il peut enfin manger à sa faim, envoyer de l'argent à sa mère qui modernise et agrandit sa petite épicerie et découvrir une autre vie qui contribue à l'instruire.
Mais au bout de trois ans Zazah préfère revenir dans sa brousse pour partager son savoir avec ses amis. Il en a d'ailleurs assez de voir les gens des villes faire les ordures, pour manger, au lieu de suivre l'exemple des gens de la campagne qui se lèvent tôt pour travailler sans relâche. Ils travaillent beaucoup mais ils ont toujours un peu à manger.
Maintenant il rêve de faire construire un petit hôtel dans son village.  En attendant il achète avec l'argent donné par son ancien patron une charrue et
un bœuf pour tirer la charrue, une vache pour donner le lait. L'épicerie de sa mère s'est agrandie et possède un réfrigérateur. Les clients deviennent nombreux. Il a des graines de fleurs et il a appris à soigner les roses. Il va l'apprendre à ses amis pour avoir un site et un village accueillants Avec ses économies il va acheter  plus tard un taxi brousse, pour aller chercher plus de touristes à la ville.




Les contes : Nasreddin Hodja

L'humour de ce conteur à la fois candide et plein d'humour se retrouve en Turquie et en Ousbékistan


Pourquoi montait-il son âne à l'envers ?

Un jour, NH s'en allait à la moquée avec des collègues. Il monta à l'envers sur son âne. Étonnés, ils demandèrent :
- Pourquoi montez-vous à l'envers ?
- Si je monte à l'endroit vous serez derrière moi, si vous passez devant moi je serai derrière, donc jamais face à face. J'ai pensé que la meilleure solution est de monter à l'envers.


La fin du monde

Un jour, quelqu'un vint voir le très sage NH pour lui demander s'il connaissait la date de la fin du monde.
- De quelle fin du monde parles-tu ? Répondit-il à l'homme. La grande ou la petite ? Si c'est de la petite dont tu parles, c'est quand ma femme mourra. Si tu parles de la grande, elle se produira quand c'est moi qui rendrai l'âme.


Les perles bleus

Un jour, NH acheta deux perles bleues à un marchand. Le soir, il en donna une à sa première épouse en lui conseillant de ne surtout pas parler de ce cadeau à sa seconde femme. Et le lendemain, il donna la perle restante à cette deuxième épouse en lui recommandant de ne rien dire à la première. Quelques jours plus tard, après une dispute qui avait éclaté entre les deux femmes, elles vinrent voir leur époux et lui demandèrent laquelle il préférait. Avec un large sourire, il répondit que sa préférée était celle qui possédait la perle bleue.


Le partage

Deux enfants se disputaient quelques pièces de monnaie. Apercevant NH ils lui demandèrent son aide.
- Aide-nous à partager cet argent, comme le ferait Dieu.
NH donna 6 pièces à l'un et une pièce à l'autre.
- Ce n'est pas juste cria l'enfant le moins bien servi.
- Oui, mais c'est comme cela que Dieu fait.


La parole donnée

Un jour, le voisin de NH lui demanda de lui prêter son âne. NH répondit que la bête n'était pas là parce qu'il l'avait déjà prêtée à quelqu'un d'autre, mais à cet instant précis on entendit l'âne braire dans l'écurie.
- Tu te moques de moi dit le voisin, ton âne est là, je l'entends braire.
- Très cher voisin, tu me déçois... Tu crois donc la parole de mon âne plus que la mienne ?


La chute

Le voisin de NH se précipita chez lui en demandant quel était le terrible bruit qu'il venait d'entendre.
- Ce n'est pas grave, dit NH, c'est juste ma femme qui a jeté ma tunique dans l'escalier.
- Et ça fait un bruit pareil ?
- oui... J'étais dedans.



Le nom propre

Le voisin de NH qui avait besoin d'un service est venu plusieurs fois chez lui alors que celui-ci était absent. Énervé le voisin écrivit sur sa porte : " âne".
Le lendemain ils ont fini par se rencontrer. Le voisin fâché lui dit qu' il était venu plusieurs fois et que soit  il ne répondait pas soit il n'était jamais là...
- Ah bon, répondit NH, tu es venu plusieurs fois ? Je croyais que tu n'étais venu que la fois où tu as signé ton nom... " âne "!!!


Le chat et le gigot

NH va au marché et achète un gigot de trois livres. Il rentre chez lui et donne la viande à sa femme. Il ajouta :
- fais cuire la viande pour le déjeuner, comme je l'aime.
Puis il sort de nouveau. Sa femme fait cuire le gigot comme il le lui a demandé. Mais son frère arrive, il revient de voyage, il a faim, NH tarde à rentrer. Ils se mettent donc à table et finissent par manger tout le gigot. Que faire ?
NH finit par rentrer et réclame sa viande. L'odeur flotte encore dans la pièce.
- Le chat a tout mangé pendant que j'étais occupée ailleurs mentit sa femme.
NH attrape le chat et au lieu de la battre, il le pèse.  Il pèse trois livres. Il dit alors à sa femme :
-  Scélérate crie-t-il à sa femme. Si le chat pèse trois livres, où est la viande ? Si je viens de peser trois livres de viande, où est le chat ?


Le chasseur

Un chasseur novice a demandé à NH :
- Pourquoi au moment du tir on doit fermer un œil ?
- C'est très simple. Si tu fermes les deux yeux, tu ne verras plus ta cible !!!




Les contes : Nasreddin Hodja
qui ont inspiré des auteurs français

Plaire à tout le monde a inspiré la fable de La Fontaine

Un jour, NH marchait tranquillement avec, à côté de lui, son fils monté sur l'âne. Deux hommes passèrent à ce moment.
- Non mais regardez ça, dit l'un d'eux, voyez comment on éduque les enfants de nos jours : le petit profite de l'âne alors que le vieil homme s'épuise à marcher !
Ayant entendu cela, NH et son fils échangèrent leurs places. Quelques minutes plus tard, ils croisèrent à nouveau deux passants.
- Quelle honte, dit l'un d'eux, ce père indigne est tranquillement sur son âne alors que son pauvre fils est obligé de marcher à grands pas pour rester à sa hauteur !
NH et son fils décidèrent alors de s'installer tous les deux sur l'âne. Un groupe de trois femmes ne tarda pas à croiser leur route.
- C'est terrible, dit l'une d'elles, cette bête va bientôt mourir sous le poids de ces deux fous !
Cette fois, NH et son fils se mirent à marcher tous les deux à côté de l'âne.
- Idiots ! s'exclama un autre passant. pourquoi marchez-vous sous cette chaleur alors que vous avez un âne pour vous porter ?
Ne sachant plus que faire, le père et le fils rentrèrent chez eux.
- Tu vois, dit NH à son fils. n'hésite pas à agir comme tu l'entends, puisque de toute façon tu ne réussiras jamais à plaire à tout le monde !


Le Meunier, son Fils, et l'Âne de La Fontaine

L'invention des Arts étant un droit d'aînesse,
Nous devons l'Apologue à l'ancienne Grèce.
Mais ce champ ne se peut tellement moissonner
Que les derniers venus n'y trouvent à glaner.
La feinte est un pays plein de terres désertes.
Tous les jours nos Auteurs y font des découvertes.
Je t'en veux dire un trait assez bien inventé ;
Autrefois à Racan Malherbe l'a conté.
Ces deux rivaux d'Horace, héritiers de sa Lyre,
Disciples d'Apollon, nos Maîtres, pour mieux dire,
Se rencontrant un jour tout seuls et sans témoins
(Comme ils se confiaient leurs pensers et leurs soins),
Racan commence ainsi : Dites-moi, je vous prie,
Vous qui devez savoir les choses de la vie,
Qui par tous ses degrés avez déjà passé,
Et que rien ne doit fuir en cet âge avancé,
A quoi me résoudrai-je ? Il est temps que j'y pense.
Vous connaissez mon bien, mon talent, ma naissance.
Dois-je dans la Province établir mon séjour,
Prendre emploi dans l'Armée, ou bien charge à la Cour ?
Tout au monde est mêlé d'amertume et de charmes.
La guerre a ses douceurs, l'Hymen a ses alarmes.
Si je suivais mon goût, je saurais où buter ;
Mais j'ai les miens, la cour, le peuple à contenter.
Malherbe là-dessus : Contenter tout le monde !
Ecoutez ce récit avant que je réponde.

J'ai lu dans quelque endroit qu'un Meunier et son fils,
L'un vieillard, l'autre enfant, non pas des plus petits,
Mais garçon de quinze ans, si j'ai bonne mémoire,
Allaient vendre leur Ane, un certain jour de foire.
Afin qu'il fût plus frais et de meilleur débit,
On lui lia les pieds, on vous le suspendit ;
Puis cet homme et son fils le portent comme un lustre.
Pauvres gens, idiots, couple ignorant et rustre.
Le premier qui les vit de rire s'éclata.
Quelle farce, dit-il, vont jouer ces gens-là ?
Le plus âne des trois n'est pas celui qu'on pense.
Le Meunier à ces mots connaît son ignorance ;
Il met sur pieds sa bête, et la fait détaler.
L'Ane, qui goûtait fort l'autre façon d'aller,
Se plaint en son patois. Le Meunier n'en a cure.
Il fait monter son fils, il suit, et d'aventure
Passent trois bons Marchands. Cet objet leur déplut.
Le plus vieux au garçon s'écria tant qu'il put :
Oh là ! oh ! descendez, que l'on ne vous le dise,
Jeune homme, qui menez Laquais à barbe grise.
C'était à vous de suivre, au vieillard de monter.
- Messieurs, dit le Meunier, il vous faut contenter.
L'enfant met pied à terre, et puis le vieillard monte,
Quand trois filles passant, l'une dit : C'est grand'honte
Qu'il faille voir ainsi clocher ce jeune fils,
Tandis que ce nigaud, comme un Evêque assis,
Fait le veau sur son Ane, et pense être bien sage.
- Il n'est, dit le Meunier, plus de Veaux à mon âge :
Passez votre chemin, la fille, et m'en croyez.
Après maints quolibets coup sur coup renvoyés,
L'homme crut avoir tort, et mit son fils en croupe.
Au bout de trente pas, une troisième troupe
Trouve encore à gloser. L'un dit : Ces gens sont fous,
Le Baudet n'en peut plus ; il mourra sous leurs coups.
Hé quoi ! charger ainsi cette pauvre bourrique !
N'ont-ils point de pitié de leur vieux domestique ?
Sans doute qu'à la Foire ils vont vendre sa peau.
- Parbleu, dit le Meunier, est bien fou du cerveau
Qui prétend contenter tout le monde et son père.
Essayons toutefois, si par quelque manière
Nous en viendrons à bout. Ils descendent tous deux.
L'Ane, se prélassant, marche seul devant eux.
Un quidam les rencontre, et dit : Est-ce la mode
Que Baudet aille à l'aise, et Meunier s' incommode ?
Qui de l'âne ou du maître est fais pour se lasser ?
Je conseille à ces gens de le faire enchâsser.
Ils usent leurs souliers, et conservent leur Âne.
Nicolas au rebours, car, quand il va voir Jeanne,
Il monte sur sa bête ; et la chanson le dit.
Beau trio de Baudets ! Le Meunier repartit :
Je suis
Âne, il est vrai, j'en conviens, je l'avoue ;
Mais que dorénavant on me blâme, on me loue ;
Qu'on dise quelque chose ou qu'on ne dise rien ;
J'en veux faire à ma tête. Il le fit, et fit bien.

Quant à vous, suivez Mars, ou l'Amour, ou le Prince ;
Allez, venez, courez ; demeurez en Province ;
Prenez femme, Abbaye, Emploi, Gouvernement :
Les gens en parleront, n'en doutez nullement.


Le bruit et l'odeur de NH :

Un jour, un pauvre qui n'avait qu'un morceau de pain à manger, passa celui-ci dans la vapeur d'une viande en train de cuire pour en capter le fumet. Le marchand qui faisait cuire la viande réclama un dinar au mendiant comme prix de l'odeur, mais celui-ci refusa. Les deux hommes allèrent voir NH pour les départager. NH écouta attentivement les arguments, puis il sortit une pièce de un dinar de sa poche et la laissa tomber.
- Marchand, dit-il, as-tu entendu le bruit de cette pièce tombant à terre ?
- Oui, bien sûr.
- Eh bien considère que le bruit de cette pièce est le paiement de l'odeur de ta viande.


Dans un fabliau français du Moyen Âge on trouve cette histoire :

Un vagabond qui n'avait pour tout viatique qu'un quignon de pain à moitié sec, passant devant la boutique d'un rôtisseur, eu l'idée de s'arrêter a proximité pour le manger de manière à profiter, tout en mastiquant son croûton, de l'appétissante odeur des viandes en train de cuire.

Cela déplut fort au maître des lieux qui prétendit faire payer au vagabond le fumet de ses rôtis. Celui-ci refusa alléguant que, de toute manière, les vapeurs de la cuisine s'évanouissaient dans l'atmosphère et se trouvaient ainsi perdues pour tout le monde .

La querelle s'envenimant on alla chercher un juge réputé pour sa sagesse et son équité (ceci n'est pas précisé dans le fabliau, mais je crois savoir qu'il s'agissait de Monsieur Saint Yves en personne et que c'est la raison pour laquelle il est devenu le Saint Patron des avocats). Après avoir pris connaissance de la cause de la contestation, il demanda au vagabond :

– " As-tu de l'argent ? "

Celui-ci sortit de sa bourse l'unique piécette d'argent qu'elle contenait.

Le juge la prend la fait sonner sur le pas de la porte du rôtisseur et lui dit :

– " Il a assaisonné son pain du parfum de ta viande, sois payé du son de sa pièce " et il rendit l'argent à son propriétaire.


Savoir ou ne pas savoir

Un jour NH décida de voyager pour parfaire son savoir. Un jeune homme lui demanda quelles personnes il allait chercher à rencontrer.
- Eh bien, je suivrais les préceptes de la sagesse.
Celui qui ne sait pas et sait qu'il ne sait pas, il est stupide, il faut l'éviter.
Celui qui ne sait pas et sait qu'il ne sait pas, c'est comme un enfat, il faut l'instruire.
Celui qui sait et ne sait pas qu'il sait, il est comme endormi. Il faut le réveiller.
Celui qui sait et sait qu'il sait, c'est un sage. Il faut le suivre à cetaines conditions car il est difficile de savoir s'il est orgueilleux ou même s'il sait vraiment !!!

Socrate le philosophe Grec du 5 ième siècle avant JC a peut-être précédé NH, mais...c'est une idée souvent reprise.


    * Tout ce que je sais, c’est que je ne sais rien, tandis que les autres croient savoir ce qu’ils ne savent pas... Socrate
    * Je ne sais pas ce que je dis… Je ne sais pas ce que je sais… Je ne dis plus ce que je veux… Maeterlinck Maurice
    * Je sais que je ne sais pas ce que je ne sais pas. Yourcenar Marguerite


Date de création : 05/01/2008 - 21:55
Dernière modification : 06/11/2009 - 15:55
Catégorie : Récits étrangers
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