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Ecriture - Romans que j'ai écrits

Romans que j'ai écrits

Deux de mes romans ont été publiés : tome 1 et tome 2

Tous mes romans concernent des faits précis de ma vie, de mes ascendants ou du brassage de ma culture. J'en possède bien sûr le double manuscrit et les documents d'origine.

J'ai écrit mon premier roman au moment de ma longue maladie. Cela m'a aidé à occuper mon esprit.


Différentes ébauches

L'homme avait laissé sa voiture dans le bas côté d'une route nationale et il se dirigeait à vive allure dans l'allée aux arbres touffus qui formaient un véritable toit de verdure. Sous la route ombragée, des chevaux tirait une vieille charrette remplie de touristes heureux de revivre un moment de bonheur au rythme du passé. L'attelage avançait dans la poussière lumineuse. Une jeune fille assise avec grâce lui sourit.
Il passa devant une clairière où s'élevait une magnifique chapelle que le lierre et les buissons essayaient d'envahir. Dans cette région, chaque bois, chaque tournant révélait un trésor du passé. Il s'arrêta un instant pour admirer d'abord la chapelle, sur les murs étaient peintes des armoiries presque effacées et perlées de larmes de pluie; ensuite dans le lointain, il admira un de ces nombreux châteaux dont les tours harmonisaient les lignes du bâtiment central.

La vie d'une famille allait-elle disparaître comme ce passé à peine gravé dans l'histoire des murs et des pierres ?
Quelque part, un beffroi solennel sonnait gravement l'heure tardive. Il frissonna. Sa mission ne l'enchantait guère. Pour l'instant, le ciel encore gris enroulait ses écharpes encore effilochées de pluie et de brumes grisâtres entourant et effaçant presque l'imposante maison dont il devait rencontrer le propriétaire.

Une pièce vaguement éclairée par une lampe et dont la lumière unique et pauvre se reflétait dans les triples panneaux d'une superbe, mais ancienne, armoire restaient les seuls souvenir de temps meilleurs.
- Monsieur, dit l’homme, je viens de recevoir de mon supérieur, huissier du département, un message que j’ai ordre de vous communiquer à l’instant. C’est un papier officiel, daté de ce matin. Vous occupez un logement qui ne vous appartient plus. Il vous est enjoint de le restituer avec terres et bois à son nouveau propriétaire.
L’habitant de ces lieux ne fit pas un mouvement, pas un geste. Seulement une pâleur plus grande se répandit sur son visage, et sa voix un peu tremblante s’éleva :
- Seigneur ! Socialistes et communistes en tout genre, sortirez-vous de vos tombes et de vos retraites pour voir comment on traite un citoyen qui a travaillé ses terres et enrichi une grande partie du pays. Regardez ce spectacle du vieux autrefois travailleur, fortuné, devenu inutile, dépouillé et jeté sur les routes pour mendier un morceau de pain !
Devant ce désespoir, l’homme, l'huissier délégué à cette tâche ingrate touché et dont ce drame n'était pas la faute, détourna le regard. Furtivement, il déposa sur la table la lettre terrible, recula, gagna la porte et sembla s’enfuir.
Alors dans la maison on entendit la clameur du malheureux, clameur déchirante, puis il murmura :
- Mes enfants, ma fille ! Ma chère Julie qui sera sans abri et sans ressources. Montorgueil village maudit qui porte bien son nom ! Malheur à toi.
La catastrophe était en effet effroyable. La propriété qui appartenait depuis plusieurs générations à sa famille était tout ce qui restait de son ancienne fortune, à cet homme qui avait jadis été propriétaire, maire. Devant l’effondrement de sa fortune et de son renom, il s’était réfugié sur ses terres dans le village de Montorgueil.
Maintenant, c’était fini ! L’arrivée des huissiers, c’était pour les jeunes et leur père, la misère et la honte.


J. avait 16 ans. Mince, un peu sauvage, mais d’une exquise élégance, elle faisait le ravissement de sa famille. Il lui tardait que les beaux jours arrivent.
Ce Dimanche, elle était sortie comme tous les jours, à peu près à la même heure.
Elle avait pénétré presque en courant dans les bois de châtaigniers, de chênes et de charmes non loin de sa demeure et de son village. Essoufflée par sa course, elle ralentit en songeant : « Est-ce que je vais oser le lui dire tout de suite, à lui et à mon père ? Il faut pourtant que je leur parle au plus vite… ». Mais ses pensées étaient loin de celles de son père.
Soudain deux bras robustes et tendres l’enlacèrent. Un baiser avide se posa sur sa bouche.
- Toi, enfin !
- F., mon amour…
Il se pencha, l’enlaça d’une étreinte plus forte.
C’était un beau grand gars au regard droit et intelligent, au visage tendre, à l’allure calme.
Or, ce jeune homme s’appelait F M.; C’était le fils aîné de cet entrepreneur qui venait d’arracher au père de la jeune fille, le dernier lambeau de ses biens !
Enlacés, ils marchaient lentement parmi les fleurs ouvertes, dont le parfum embaumait et donnait à l’atmosphère un côté mystérieux. Leur pensée, leur corps, loin des soucis de leurs parents baignaient dans le ravissement. Le trouble merveilleux qu'elle ressentait avait su réveiller en elle des désirs insoupçonnés. Le vent frais les faisait parfois frissonner, les brindilles qui craquaient les impressionnaient. S’arrêtant un instant, J. murmura :
- On nous suit… As-tu entendu ?
- Un oiseau certainement qui vole de branche en branche, ce n’est rien ma chérie.
- Oh ! F., j’ai peur…
- Peur ? Depuis trois mois que nous avons eu des rapports, depuis le moment, le plus cher pour moi, où notre impatience s’est assouvie sans tenir compte des lois humaines, je t’ai promis de te protéger et plus que jamais je tiendrai ma promesse. Ne crains rien, bientôt tu seras ma femme. La haine qui divise nos familles, je la briserai.
- Oui, je connais tes sentiments et ta volonté, mais…
- Non, pas de mais… et maintenant, je te quitte, je te reverrai ce soir.
Une dernière étreinte les unit, un dernier baiser les fit encore frissonner, mais aucun d’eux ne savait que ce seraient les derniers. Puis F. disparut dans le bois. Une minute, elle resta à la même place, émue, angoissée.
Enfin avec un soupir, elle se retourna. Au même instant elle devint très pâle, un jeune homme était devant elle. Il avait l’air hautain, le visage dédaigneux et menaçant.


L'autre enfant était un jeune garçon, blond comme sa sœur, d'une magnifique blondeur soyeuse. Il avait aidé son père sur les terres et pour le bétail, jusqu'au dernier moment. Avec les autres enfants, il jouait à des jeux variés dont leur préféré était le ballon et chaque dimanche ils pratiquaient le foot.
La dernière vache de l'étable levait au-dessus des herbes son mufle noir et humide de rosée. L'homme chassé de chez lui, grâce à celle-ci aurait été assuré de ne pas souffrir de la faim et de ne pas faire souffrir ses enfants; tant qu’il a une vache dans son étable,
la famille a du beurre dans sa soupe et du lait pour mouiller ses pommes de terre et en faire de la purée et il peut aussi le vendre, l'échanger contre d'autres denrées.
Demain que ferait-il ? Accompagnerait-il sa vache, comme les pauvres d'autrefois ou les originaux d'aujourd'hui, le long des chemins herbus ? Pendant des siècles toutes les familles pauvres avaient vécu, jusqu'à ces derniers jours, de leurs terres. Mais lui ne pourrait plus. Tous ses biens étaient réquisitionnés. Un aéroport tout à fait inutile dans l'immédiat, un aéroport pour mettre en valeur un politique de plus, allait couvrir toute la propriété.
Mais ce n’était pas seulement la nourrice de sa famille et de ses ascendants qu’elle avait été cette terre, c’était encore ses racines, son amie. Tous les membres de la famille avaient couru dans ces prés, avaient joué avec les animaux, avaient murmuré des secrets aux arbres, aux fleurs, aux multiples petites bêtes. Chacun avait l'impression d'être compris, par le terroir, de s'évader dans les terres de ses origines...
De l'autre côté des barrières du voisin pour l'instant plus riche, encore intouchable, les vaches avec leurs grands yeux ronds, pleins de douceur, regardaient tristement comme si elles devinaient,
comme si elles comprenaient ce qui se passait. Elles aussi, savaient très bien nous faire entendre ce qu’elles voulaient ou ce qu’elles ressentaient. L'homme et ses enfants, les paysans voisins aimaient tous leurs bêtes et elles les aimaient. Si toutes ces terres disparaissaient, toutes les vaches devraient disparaître aussi.
Déjà le mois dernier, ils avaient vendu le dernier cheval. celui-ci avait refusé de sortir de son écurie et il s’était mis à hennir de façon lugubre.
- Passe derrière et chasse-le avait dit le marchand au jeune fils en lui tendant un fouet.
- Pour ça non, je ne le fouetterai pas !!!
Son père prenant le cheval par le licol, lui avait parlé doucement.
- Allons mon bel étalon viens. Je sais que je te trahis mais je ne peux faire autrement. J'ai besoin d'argent, mais aussi je suis chassé par les grandioses projets de l'Etat.
A cette voix, le cheval n’avait plus résisté. Le marchand l’avait attaché derrière dans sa remorque spéciale. Père fils et fille étaient rentrés dans la maison de plus en plus vide, de plus en plus silencieuse. Mais longtemps encore, ils avaient entendu ses lamentations.

L'homme se disait que l'humanité allait à sa perte puisqu'elle détruisait tout, elle se détruisait elle-même. Si le capitalisme ajoute, à celle de la pollution, sa domination, les humains auront non seulement détruit la terre en son entier, mais ils n'auront plus de lait frais, plus de légumes verts... Ils ne mangeront le plus souvent qu'une alimentation conçue industriellement et mal équilibrée. Les jeunes gens, ses enfants, pensaient aux gâteaux de leur mère lorsqu'elle était vivante ou aux crêpes, aux beignets de la chandeleur, qu'elle faisait dans leur enfance et à leur bonheur d’alors.

Sur les bords d’un ruisseau qui comme beaucoup va perdre ses eaux dans les failles des Causses calcaires, se dressait la maison où J et R avaient passé leurs premières années.
De sa petite enfance jusqu’à ses seize ans, son frère et elle n’avaient jamais vécus avec une mère dans cette maison; cependant son père qui était veuf, avait fait venir des nounous, des femmes parfois un peu vulgaires, souvent sans éducation et qui souhaitaient travailler pour élever les enfants loin des villes, comme un grand nombre d’autres personnes de la contrée; il allait jusqu'à Paris ou à l’étranger les chercher pour qu'elles acceptent de rester dans cette maison. Lui, avait des revenus modestes qui l'empêchaient de prendre des personnes agréées. Sa famille avait été riche, mais dans sa campagne désertée, il n'y avait plus beaucoup de revenus. Il ne lui restait plus que la grande maison familiale dont il louait une aile. En plus de la propriété il travaillait depuis un certain temps dans une grande entreprise où il offrait ses services comme ouvrier, pour pas grand chose en retour. Son fils et sa fille l'aidaient à la ferme et de temps en temps, il envoyait quelqu'un prendre des nouvelles ou téléphonait. De temps en temps le promoteur responsable du grand chantier de l'aéroport était de passage et exigeait son départ ou menaçait de perquisition et de les jeter dehors. J. craignait ses colères.

Leur mère avant de sombrer dans l'alcool et de mourir les avait quittés et avait refait sa vie. Elle ne supportait plus les menaces de saisie. Mais avant de mourir, elle avait eu en plus de R. et de J., deux autres enfants, un garçon et une fille dont un ivrogne était le père. Souvent, elle se contentait d'envoyer de ses nouvelles à ses premiers enfants. Son homme gagnait sa vie et celle de sa famille.
Mais elle ne disait pas tout, l'homme qui devait la sauver gagnait finalement peu d'argent et se saoûlait l'entrainant peu à peu dans ses dérives.

Il ne faut pas croire qu’ils ne s’aimaient pas. Ni qu'elle n'avait pas aimé son premier mari et ses premiers enfants. La mésentente éventuelle n’entrait pas en ligne de compte. Elle demeurait là où le travail de l'homme devait assurer son avenir !!! Voilà tout.

L'homme de Montorgueil l'avait rayée de sa vie. Quand il serait à la retraite, quand il aurait sauvé la propriété et ses revenus, il reviendrait vivre auprès de cette femme et avec l’argent qu’il aurait économisé, ils seraient à l’abri de la pauvreté.

Un jour d'automne, il y avait bien longtemps pour les enfants, leur mère vivait encore avec eux, et comme le soir tombait, un homme que personne ne connaissait, s’était arrêté devant le portail de la ferme. J. était sur le seuil de la porte occupé à jouer avec son petit frère; avec du petit bois ils fabriquaient des jouets ou des voitures des voitures et dans la poussière, ils dessinaient des routes ou des maisons. En penchant la tête vers le couloir sombre et malodorant, l’homme leur demanda si ce n’était pas là que vivait le dernier habitant récalcitrant de Montorgueil.

J.ouvrit plus grand la porte pour le faire entrer. Celle-ci grinça de façon lugubre et bien vite des voix de colère parvinrent comme par solidarité avec le sentiment d’inquiétude prémonitoire qui envahissait les enfants. L’homme revenait déjà vers la porte d'entrée.

Au bruit des voix et au grincement de la lourde porte, la mère sortit et se pencha à l'étage au-dessus sur la vieille rambarde.

- Qu'est-ce que c'est, demanda-t-elle un peu bourrue.

Elle semblait de plus en plus lasse depuis un certain temps, lasse et déprimée. C'était les débuts du harcellement des promoteurs.

Cette fois, l'histoire semblait se reproduire, plus tragique encore :

- J’apporte des nouvelles de votre femme dit-il, elle m'a dit que vous n'aviez pas le téléphone et elle ne peut pas se déplacer.

C’étaient là des paroles bien simples, mais le ton avec lequel elles furent prononcées, laissa planer un silence d’angoisse.

- Ah ! mon Dieu ! s’écria le père, un malheur est arrivé à G !

- Eh bien, oui, les nouvelles ne sont pas très bonnes, je suis désolé, mais ne vous affolez pas, ilelle n'est pas morte, imais elle est bien maladel. Quant à son homme, il est en garde à vue. Il a écrasé un enfant en état d'ivresse. Le malheur c’est qu' il risque de perdre définitivement son emploi. Pour le moment il va passer quelques jours en désintoxication à l’hôpital, à Paris.

Le père qui voulait en savoir plus, pria l’homme de rester pour le dîner.

Il s’assit auprès de la table et tandis que la nourrice du moment préparait le repas, il nous raconta comment la catastrophe était arrivée.

L. avait conduit une voiture de fonction sous l'emprise de l'alcool, et il avait blessé sérieusement un enfant qui était décédé pendant son transport à l'hôpital. Il s'était enfui et avait tout avoué en arrivant au travail; son employeur dans un moment de colère et .Comme il avait été prouvé qu"en plus il avait tort, car l'enfant était dans la passage protégé... refusait même de lui payer des indemnités.

- Pas de chance le pauvre homme dit-il, il y a des malins qui se seraient battus pour avoir raison et votre homme non seulement se retrouve au chômage, ne touchera aucune indemnité et ira en prison pendant que sa compagne est mourante. A sa place, j'aurais menti, fait un procès... Il n'y avait pas de témoins.

- Un procès cela coûte cher.

- Oui, c'est ce qu'il m'a répondu... mais quand on le gagne, c’est une assurance pour quelques mois dans cette putain de vie !

La mère était hospitalisée à Marseille, c’était pour le père un voyage long et couteux et puis elle devait rester avec ses nouveaux enfants. Le père ne comprenait pas encore pourquoi elle faisait appel à lui maintenant qu'elle l'avait quitté. Il n'avait pas plus d'argent qu'à l'époque et toujours les mêmes problèmes.

- C'est que votre dame est mourante et il y a les deux petits dit l'homme.

Ceux-là seuls qui ont vécu dans la misère, avec des voisins aussi misérables savent ce qu’il y a de détresse et de douleur dans ces quelques mots : " vendre ce qui nous est cher ". Ils avaient déjà si peu.

Le lendemain matin ils descendirent au village pour consulter un oncle.

- Entrez donc, faites comme chez vous... Asseyez-vous... prenez quelques gâteaux...


A l'approche de leur premier moment d'intimité, elle s"était sentie envahie d'un malaise profond.

Tous deux allongés, nus dans la chaleur de l'âtre. Moi, je t'aime follement mon amour. Ce fut presque sauvagement qu'il la prit et rendit sa défaite totale.

Comment bien interpréter ses sentiments réels dans les diverses situations ? L'acte attendu lui en rappelait un autre lointain, mais pas tant que ça !!!

Maintenant devant ce jeune homme austère, elle se sentait envahie de terreur. Elle se souvenait de ce premier amour, son amour de 15 ans qui lui avait révélé la vie. Il s'était jeté à ses pieds. Ses petits pieds chaussés de sandales. Alors que ses barbies avaient des souliers de satin noir. Mais comme elle refusait de lui céder, il l'avait violée.

La crainte l'envahissait : crainte de la société qui est pour elle le fondement de la morale, la crainte de Dieu qui est l'essentiel pour le croyant d'une religion... Voila les principes qui la gouvernaient.

Le passé et le présent se confondaient...

Un parterre de fleurs au centre d'un éventail de verdure s'étalait autour d'une eau glauque mais reposante d'un côté. Mais un jet d'eau puissant à l'extrémité s'échappait encore d'une fontaine de marbre, ornée de statuettes et l'eau s'irisait au soleil et retombait en cascades de poussières fines d'eau chassées par un vent léger que le passant recevait comme des larmes sur son visage... Cette partie semblait murmurer doucement parmi les rosiers grimpants, les lilas et les chèvrefeuille... Tout symbolisait le dernier vestige des eaux immenses qui avaient autrefois servi de ceinture au château. C'est là qu'il l'avait amenée de force. Cet orgueilleux se croyait encore au temps des châteaux et en imitait l'ambiance sans avoir tout à fait les moyens de l'entretenir.

- Bienvenue à la maison J.

- Je suis encore très jeune et mon père me cherche. avait-elle essayé autrefois.

- C'est une chose naturelle. Où est le mal et ce sera merveilleux ?


Ses yeux qui flambaient, pleins de passion se troublèrent, un désir furieux s'empara de lui...Bondissant, il fit un pas vers elle, les bras ouverts. Il n'était plus qu'un animal qui tremblait. Elle prit conscience que sa bouche écartait ses lèvres, les écrasait. Elle sentit son souffle brûlant passer près de son visage, il se rapprochait, elle vit son visage commencer à se refléter dans ses yeux et s'y perdre. A demi suffoquée, elle vit devant ses yeux étourdis par la lutte inégale, danser de folles lumières. Dans ses oreilles éclata un bruit aussi fort qu'un millier de cloches au son grave, sourd. D'un effort désespéré elle gigota follement, s'arcbouta pour échapper au violeur qui récidivait. Frissonnante de peur, traquée, elle faillit se laisser hypnotiser, puis soudain, elle courut devant elle comme une folle, prête à lutter contre cet être haletant qui essayait de plaquer son corps, de tendre ses bras, de glisser ses mains pour tenter de la retenir et de la violer.. . Elle songea qu'elle ne résisterait bientôt plus, pire, qu'elle risquait de ne pas se dominer. Mais elle eut de nouveau un brusque mouvement de recul.

- Ne me touchez pas hurla-t-elle.

Peine perdue, une flamme la dévore, l'écarte en pénétrant au plus profond de ses entrailles. La violence de la déchirure, de la morsure dans son tendre corps de petite fille fit jaillir un autre éclair éblouissant. Sa main sur sa bouche l'étouffait et au bord de l'asphyxie, elle ne put même pas hurler sa douleur, la douleur qui lui transperçait encore le corps, la douleur de ce corps aux soubresauts lourds, violents, qui assouvissait un désir terre à terre et bestial. Le mot sadique lui venait à l'esprit. Elle regarda ses yeux, ils avaient changé de couleur et elle eut encore plus peur.
Tout devint silencieux, un silence sinistre envahit l'immeuble où il l'avait amenée de force à la sortie de l'école, comme si le monde extérieur nocturne et froid avait pénétré dans la chambre et le rose du soir virait au bleu de la nuit.
Elle entendit son pas s'éloigner et décroître. Quelques moments après, il était hors de l'hôtel.



Cette fois comment s'en sortirait-elle qu'exigerait-il ? Elle se trouvait en face du père de F. Ce père qui faisait souffrir sa famille et ne profitait pour abuser d'elle...

Ils prirent un copieux repas bien arrosé. Elle eut l'impression qu'il la forçait un peu à ingurgiter et la tête commençait à lui tourner. Elle n'osait rien dire, mais elle songeait : " Suis- je devenue complètement folle? Mais elle ne pouvait rien, il l'avait enlevée.



- Moi aussi j'aime le ciel bleu, le soleil et le mistral, lui dit-il pour tenter de l'amadouer; j'ai été élevée pas loin de Marseille, il y a très longtemps, pas que je veuille dire comme mes enfants que je suis aussi vieux que les pyramides, mais simplement que depuis le temps, aux Trois luc, près d'allauch, il doit y avoir des immeubles à la place de la colline où je ramassai des asperges sauvages, et que sans doute si je retournais aux Camoins à environ 10 Km de Marseille, je ne reconnaîtrais plus rien et ne retrouverais sûrement plus la maison de ma grand-mère.



L'inspecteur J.B. fut chargé de donner suite à l'appel téléphonique provenant de M.C., l'homme qui avait signalé la disparition de sa fille. Sur le chemin de son appartement, il s'arrêta dans un bistrot et commanda un menu du jour et un café.
Il mangea rapidement et reprit sa voiture. Tout en conduisant, il réfléchissait. A son arrivée chez lui, son léger mal de tête s'était dissipé et il avait retrouvé son habituel entrain. Après 25 ans de métier, il était cependant encore loin d'avoir vu toutes les horreurs...

Son instinct lui disait qu'il faisait fausse route et perdait son temps en soupçonnant le père ou le jeune frère. Il devait y avoir un amoureux. Une jeune fille de cet âge-là qui vient de quitter son foyer, va rejoindre son amoureux, même si cet amoureux n'est pas trop le bien venu... et elle rentre chez elle approximativement à l'heure prévue. Est-elle nécessairement en danger. L'amoureux est-il nécessairement coupable ? Le père semblait bien pris de panique. J.B. avait pourtant de l'expérience sur les gens qui rentraient en retard, sans prévenir ou ne rentraient pas du tout. C'était la raison de ses deux divorces.
Quand le père qui avait déjà perdu sa femme l'avait reçu, il devait reconnaître qu'il paraissait malade d'inquiétude.. La visite chez le voisin ? Deux fils, deux beaux garçons pensa-t-il, environ 1 m 85, le genre viril. Il avait dû avoir beaucoup de filles autour de lui dans ses années d'études.
- Pourquoi avez-vous mis si longtemps avait-il dit au père avant de m'appeler?


La seconde vis était tombée par terre. La troisième commençait à céder.. K pesait de toute sa force, malgré la mauvaise position, pour tourner le manche du tournevis. Elle sentit du jeu dans la lame.. Seigneur pourvu qu'elle ne casse pas.. Depuis combien de temps D. était-il parti ? Une heure, deux? Le téléphone avait sonné à plusieurs reprises. Elle changea de position et essuya les gouttes de sueur sur
son front. Sueur due à la fois à l'effort et à l'angoisse. Un vertige lui fit comprendre qu'elle était au bord de l'épuisement. Elle avait des crampes dans tout le corps à force de se contorsionner. Bien que cela lui fît perdre du temps, elle se mit debout et s'étira. Puis avec un nouveau sursaut d'énergie, elle reprit le manche du tournevis et sa désagréable position. Brusquement il tourna à vide dans sa main. La troisième vis était dessérée. Elle la retira vite de son logement et pour la première fois osa espérer qu'elle avait une chance de s'enfuir.
C'est alors qu'elle entendit d'abord un bruit de voiture qui l'angoissa. " - Non songea-t-elle, pas déjà, pas si près du but " . Paralysée, elle serra les poings comme si elle pouvait lutter sachant que c'était dérisoire et souhaitant presque en finir. Qu'il voit ce qu'elle était en train de faire, qu'il la tue, tout de suite. Que ce cauchemar finisse.
Puis elle entendit une voix. La voix d'un homme déjà d'un certain âge. Elle crut d'abord que son imagination lui jouait un tour, qu'elle rêvait.
Mais quelqu'un frappait bien à la porte. La voix du vieil homme appelait :
- Hé, il y a quelqu'un ?


Malgré le mugissement de la sirène de la voiture de police, la course éclair à travers les feux rouges, les quinze kilomètres qui séparaient P. de la maison des O. à J.T. parurent une éternité à V. H. et à E.. J'ai vu la photo de cette femme se reprocha V. en silence et la seule chose qui me préoccupait était le papier mural de la cabine qu'elle avait tagué... Si seulement... Il était évident que quelque chose clochait. Ce gars semblait tellement pressé. Et la jeune femme insistait pour essayer la robe, tentait de gagner du temps. Il a ouvert le rideau de la cabine d'essayage comme s'il ne lui faisait pas confiance. Et lorsque j'ai vu le début d'inscription, je n'ai pensé qu"à mon papier mural.
J.B. interrompit V. quand elle voulut lui raconter son histoire chez les O.


Elle se leva quand la porte s'ouvrit. J. portait une brassée de roses. "N." Toute tension avait disparu en lui. Il avait partagé son chagrin hier soir en apprenant la mort de BR., mais cette soirée était la sienne. " N assied'-oi, écoute. Chérie, écoute ce qui nous arrive. Je vais pouvoir écrire, tu auras une femme de ménage, nous pouvons acheter un autre logement.

Ils s'étaient retrouvés des années après à la Réunion. Il pêchait pour nourrir sa famille. A la Réunion les nasses utilisées étaient appelées " des vouves ".

Les regards furtifs qu'ils se lançaient les troublaient davantage encore. Ils échangeaient leur passion et leur voix se faisait caressante. - " Au revoir jeune fille " prenait-il plaisir à dire, même des années après. Elle avait vieilli, mais il ne le voyait pas.
Le bonheur de se voir parfois n'existait pas, mais l'échange lui rendait fugitivement l'apparence de ses plus belles années. L'été, le halo laissé par le soleil estival atténuait, effaçait presque les rides éclaircies de son visage encore beau.



La côte sous le vent passe au pied du Cap St Bernard et de falaises abruptes où nichent de splendides oiseaux, les paille-en-queue qui dominent. sur 12 kms. La première ville que vous rencontrez est La Possession. Elle doit son nom à sa prise de possession au nom du roi de France Louis XIII
par Pronis qui fit graver les armes du roi sur le tronc d'un arbre en 1642. Pendant longtemps les voyageurs qui se rendaient à St Denis partaient vers 2 h du matin en barques à rames de la Possession.
Non loin, se trouve la grotte où vécurent les révoltés envoyés dans l'Ile Bourbon par Flacourt, au-delà de laquelle commencent les plages de l'Ile, protégées, à partir du Cap Champagne, par une barrière de récifs qui s'étend à une centaine de mètres du rivage.

De l'argent petite mère ? Il nous en avancera. Il ne faut pas l'oublier. Il pourra nous donner une assez grosse somme.

Son horizon , c'était la lessive, la vaisselle...
Est-ce que vous croyez qu'une fille aussi fine et aussi belle n'a pas le droit d'espérer autre choses ? Et pourquoi cerait-ce trop beau !!!

Date de création : 04/01/2008 - 08:43
Dernière modification : 07/08/2009 - 08:33
Catégorie : Ecriture
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Réaction n°1 

par Jose le 14/04/2009 - 08:57

Ok for that Mireille, i'll be happy to meet you again on this board and I wish to you some good time; please, tell me more about your book, I would like to know what kind of story you have written, I am sure it will be a full hit. Lot of kisses to my dear friend.


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