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Anecdotes de famille - Quelques souvenirs

Quelques anecdotes pleines de souvenirs, de tendresse, de nostalgie ou de surprises


J'ai connu mon mari en 68, au cours d'un voyage avec une amie de fac. Nous allions à l'auberge de jeunesse de Carcassonne et ce qui m'a attirée, c'est sa voiture. Sa plaque d'immatriculation avait ce que j'avais appelé à l'époque des "vermicelles" = Maghreb, en arabe....cela me fait chaud au cœur de raconter ces premiers instants avec lui. Je lui ai demandé d'où il venait. C'était tout simplement un français qui faisait son service militaire comme enseignant à Meknès. De ce jour, nous nous sommes écrit, parlé, invité et nous vivons encore ensemble.

Plus tard j'ai pris le train pour rejoindre celui qui deviendrait mon mari, le contrôleur du train en Espagne venait juste de dire : -"Les françaises sont toujours jolies"….Cela s’adressait surtout à ma compagne de voyage. Je n'étais pas assez osée ou sophistiquée pour attirer ce genre de remarque. J'ai beaucoup bavardé avec cette fille au cours du voyage et je l'ai retrouvée l'année suivante qui vendait des fleurs pour gagner un peu d'argent, alors que nous commandions les fleurs pour notre mariage !!! Et pourtant c'était bien loin de la région où je l'avais rencontrée !!! C’est fou le nombre de personnes qu’on peut rencontrer lorsqu’on fait un voyage. Mais surtout lorsqu'on est seule et plus ouverte à la discussion avec les autres…

Seule encore, dans le train sur la route du Maroc, j’ai rencontré un espagnol qui voulait absolument épouser une française. Il m’a écrit longtemps, même après mon mariage, jusqu’à ce qu’il m’annonce qu’il avait en effet épousé une française. Je me souviens du repas qu’il m’avait offert à la cafétéria de la gare….

J’ai approfondi la connaissance de mon mari donc, en allant au Maroc. C’est grâce aux inondations de fin 1969 que j’ai pu vivre plus d’un mois avec lui. J’étais en vacances, c’était l’année de ma maîtrise à Aix en Provence, il m’avait invitée dans son appartement de Meknès, m’avait promis de loger lui-même chez quelqu’un d’autre. Tous les enseignants avaient déserté le pays pour les fêtes de Noël. A cause de ces inondations les routes ont été coupées et je n’ai pas pu rentrer en France. Nous avons alors vécu ensemble un mois, sans coucher ensemble, nous avons découvert nos corps, nos réactions, et le respect qu’il a montré jusqu’à notre mariage m’a attaché à lui. Je l’ai aimé tellement et il reste tellement de tendresse entre nous, aujourd’hui, que je regrette nos rares disputes.

La première fois que mon mari m'a amenée dans son village, en voiture, j’ai eu l’impression de prendre une route perdue en rase campagne. Les routes du département sont parmi les plus tortueuses. Le village et son clocher au loin n’avaient pas pour moi la même beauté que pour lui. Il y voyait de nombreux souvenirs et ceux-ci embellissent toujours; cette beauté il la puisait jusqu'au profond et lointain ancrage des racines de ses ancêtres et du souvenir. Beauté difficile à saisir par des mots, des images ou des métaphores. C'était beau, oui, mais pas comme il me l'avait décrit. D'ailleurs le village est encore pour lui comme pour notre fils le nombril du monde. Le clocher éclairé par la lumière du couchant dominait le village comme s’il veillait sur lui. Après le village, les lacets reprennent en direction de la ferme familiale... Puis, peu à peu, les arbres, les toits de la ferme se rapprochaient tandis que le clocher ne semblait plus alors pour moi qu’une forme grisâtre qui ponctuait le temps. Après y avoir vécu 21ans j’en apprécie d’avantage le cachet.

Une anecdote qui date des débuts de notre mariage, vers les années 70, me fait encore sourire aujourd'hui. Nous avions découvert, à la Grande Motte, une maison neuve à vendre, pas chère. La grande station faisait ses premiers pas. Je me souviens très bien de la maison dans les pins, de sa terrasse avec barbecue, de ses salles de bain et de ses nombreuses chambres !!! Pas tellement chère compte tenu de l'espace... Cela nous avait paru immense pour deux. Nous étions loin de penser à l'avenir à l'époque, de penser aux naissances éventuelles... !!! Nous n'avions pas acheté bien sûr, alors que maintenant nous avons ce qu'on peut déjà appeler une famille nombreuse.


Notre séjour au Maroc de 1970 à 1979 nous a laissé de nombreux souvenirs. Les meilleurs souvenirs datent de quand nous y travaillions. Nous avons gardé pas mal d'objets qui nous rappellent le pays : vases de Safi et autres...
J'ai plusieurs anecdotes curieuses ou amusantes concernant le Maroc.

Nous étions assis dans les grands et confortables halls de tous les hôtels dans lesquels nous avons séjourné au cours de nos voyages. Mais l’hôtel le plus horrible qui m’ait marquée est celui dans lequel nous avons passé une nuit, à Algéciras, en attendant le bateau. Il y avait un monde inimaginable ce soir-là, et aucune place. J’étais enceinte. Nous avons eu le choix entre dormir dans la voiture ou prendre cette chambre humide, moisie… Les gouttes d’eau se voyaient sur la tapisserie délavée et l’odeur était insupportable…

Mon mari commençait à bien se diriger dans le pays comme dans le désert. (il y a passé 12 ans ). Un jour pourtant, comme le seul repère était une vague ligne électrique dans le lointain, il a eu des doutes et m'a dit : " la première voiture que j'aperçois, je demande confirmation de la direction pour Merzouga... " Le temps passe et finalement une voiture très poussiéreuse arrive en tanguant sur la piste... Nous nous arrêtons, eux aussi. A notre grande surprise, comme à la leur, nous reconnaissons un couple venant de notre petit village perdu de France. Ils étaient en vacances. Mais ils avaient un petit guide marocain. Le monde est petit !!!

Nous étions à bord du Massalia. Mon aînée était toute petite. Elle a glissé dans sa douche et s’est ouvert le front. Je me souviens de mon affolement, du médecin du bateau qui tremblait pour mettre les points sur son visage lisse d’enfant.
C'était un médecin militaire et il me semblait vieux à l'époque. Une autre fois, elle est tombée en faisant du vélo près de la piscine du lycée à Meknès où mon mari enseignait. Je me souviens de mon affolement car la blessure sur le front saignait abondamment. Le médecin qui lui a fait un point a tellement serré qu'au lieu d'une cicatrice d'un trait, elle a eu une croix sur le font. La peau avait éclaté.


Autre souvenir ? La tempête qui nous a empêchés de prendre le bateau allant vers Sète ou Marseille…Massalia ??? Existe-t-il encore des voyageurs capables d’offrir un voyage à un jeune couple avec enfant comme nous ?… C’est pourtant ce qui nous est arrivé. Nous étions loin de Meknès, notre ville, la petite était fatiguée et comme le voyage était payé, nous avions peu de liquide. Des gens nous ont offert de l’argent, sans nous connaître, pour nous permettre de rentrer en France puisque notre bateau ne pouvait pas partir.



- Tes filles sont nées biterroises ? :

- As-tu aussi habité cette ville ou alors c'était quand vous étiez au Cap?

- C'est quand nous étions au Cap. Vers les années 70.

Je ne voulais pas, pour plusieurs raisons, qu'elles naissent au Maroc. Ma mère qui est née à Madagascar, au moment où l'île était française, a maintenant des papiers, la signalant presque comme une étrangère... De plus il y avait à Meknès une seule couveuse, pour combien d'enfants ? Enfin j'avais un rhésus négatif et je savais qu'il serait difficile dans ce pays de se procurer des anticorps. J'ai donc vécu au Cap pendant une partie de mes deux premières grossesses. Pour la naissance de ma seconde fille, j'étais avec mon aînée de 3 ans à l'époque, et mon mari travaillait au Maroc. Lorsque les contractions m'ont annoncé la naissance, j'ai téléphoné à mon mari au Maroc. Il a fallu que j'aille pour cela à la station service du Cap, je n'habitais que provisoirement en France, je n'avais donc pas le téléphone. Les portables n'étaient pas d'actualité !!! L'hiver, au Cap, tous les immeubles ou presque étaient vides !!! De plus c'était un Dimanche. Le gars de la station partait à la chasse. Il a un peu protesté, car je le retardais, et surtout quand il a su que je voulais téléphoner au Maroc !!! Mais il a fini par accepter avec promesse de paiement. Le soir, mon mari me menait lui-même à la clinique. Il a quitté immédiatement Meknès pour se rendre à Rabat et il a pris le premier avion.


Un premier Avril, nous étions au Cap d'Agde, nos filles se réveillaient et mon mari ouvrait grand les persiennes. Soudain ma fille aînée s'écria : " Ma soeur est pleine de boutons. Nous n'avons même pas regardé. Nous étions persuadés qu'il s'agissait d'un poisson d'Avril. Et bien non... Elle avait la rougeole alors que nous l'avions fait vacciner !!! De plus, quelques jours après, la maladie s'est aussi déclarée sur les deux autres pourtant également vaccinés...

Ma seconde fille, mon fils et moi aimons les animaux. Nous les aimons différemment, est-ce vraiment différemment ? mais, ils font partie de notre vie. Nous ne les aimons pas comme les gens de notre village pour lesquels ce fut longtemps des domestiques relégués dans les granges ou condamnés à mort lorsqu'ils étaient des "gueules " inutiles... J’ai acheté à ma fille un jeune lapin coquin qui gambade dans sa chambre d’étudiante. Elle s’y sentait seule.


La femme de notre médecin a été mon amie. Ce qui nous rapprochait ? Nos garçons allaient à la même école. Peu de famille dans le coin aimaient lire et partager certaines idées. Ce qui nous a éloignés ? Lorsqu'elle a trouvé du travail. Elle a passé des examens. Il m'est arrivé de l'aider... Puis elle a été prise par la suractivité...
J’aurais aimé rester amie avec elle mais c’est sans doute trop tard.


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Mes enfants pour carnaval

Pourquoi mes enfants se sont-ils toujours mieux entendus avec les personnes plus âgées qu'avec les jeunes de leur âge ? Problème d'éducation ? Problème de culture ? Besoin certainement de vrais conversations approfondies, loin d'un côté un peu superficiel, joueur de certains ??

Il y a de bons et de mauvais souvenirs. Nous avions deux chiens quand les enfants étaient petits. Le premier, un chien d'un âge déjà assez avancé nous avait été donné par un chasseur. En réalité le frère de mon mari. Ce chien, un chien de chasse bigle ( croisé) qui avait besoin d'espace avait malheureusement commencé sa vie dans un appartement et avait été abandonné. Il manquait d'espace et ses maîtres ne pouvaient le supporter. Mon beau-frère croyait que ce serait un bon chasseur, mais il était un peu tard pour le dresser. Il courait bien après les animaux, mais pour lui seul, pour le plaisir de la course !!! Mon beau-frère en colère avait menacé de le tuer d'une balle et j'avais promis de l'adopter dès notre retour en France. C'était l'époque, la fin de l'époque en réalité, où nous vivions au Maroc. Quand nous revenions pour les vacances, ce chien semblait savoir que nous étions ses nouveaux maîtres, il manifestait une joie incroyable. Pendant la construction de la maison on aurait dit qu'il en surveillait les travaux. Et lorsque nous nous sommes installés à la maison il n'a pratiquement plus jamais remis les pieds à la ferme du beau-frère, située à quelques mètres. Il nous avait vraiment adoptés. Il était très gai, très gentil. Ses seuls défauts, il aimait courir après les chiennes et les lapins. Il est mort d'une crise cardiaque. Il a juste eu la force de revenir à la maison après une course infernale.
Le second chien était croisé pinscher nain et cocker. Un petit coquin marron que nous avions pris bébé, bien que l'autre chien ne fût pas encore mort. Je pensais que ce serait bon pour les enfants de voir un bébé chien se développer. L'autre chien l'avait très bien accepté. Lui aussi était un peu chasseur. Les gens de chez nous n'aiment pas cela. Un matin il est parti dans les bois et il n'est jamais revenu. Il est mort noyé dans un trou d'eau, dans les bois. Un trou dangereux pour les animaux. Accident ou animosité ? On ne saura jamais. Nous avons une piscine, il en connaissait les dangers. Je suis surprise qu'il soit tombé à la course dans un trou d'eau...


Bien plus tard à Toulouse : pour les études de notre fils vers 98


Mon mari avait acheté à notre fils une superbe bicyclette V.T.C. qui venait du magasin "décathelon". Notre fils était très fier depuis trois jours, quand il passait devant ses camarades, au guidon de son vélo, dont la souplesse le surprenait lui-même, et dont les rayons accrochaient des éclairs de soleil. Trois jours après l'achat, à la sortie d'un cours, il voulut montrer son vélo à ses camarades, mais il ne le trouva plus. Son vélo lui avait été volé, et cela, 3 jours après l’achat !!! Pauvre fierté d'un jeune homme si heureux, quelques instants auparavant. Il a été tellement humilié, déçu, malheureux, qu’il n’a pas osé nous avouer tout de suite le vol. Il a préféré se priver de sortie tout le WE. A la police on lui a ri au nez ! Un vol de vélo à Toulouse, ce n'était pas une priorité...Et dans les locaux de la police, un jeune homme lui a dit. C'est normal de prendre un vélo s'il nous tente !!!

Un jour, alors qu'il était étudiant à Toulouse et qu'il prenait le train pour revenir à la maison, notre fils est rentré dans un wagon plein de jeunes voyous, mais il ne le savait pas. En réalité il avait au contraire pris l'habitude d'éviter les wagons vides!!!... Un des jeunes lui a réclamé son argent. Il a donné un billet et a réussi à fuir, poursuivi par les jeunes. Il est parvenu à trouver le contrôleur et à raconter son aventure. Mais au lieu de le défendre, le contrôleur a fait descendre toutes les personnes en question et notre fils s'est retrouvé sur les quais, de nuit, au milieu du groupe de voyous, sans argent, sans nouveau train avant le lendemain, alors que nous l'attendions. Il a dû retourner à pied vers sa lointaine chambre d'étudiant. Pour ce jour-là, je dis bravo la SNCF !!!


La grotte


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La grotte, une vraie grotte sous la maison !!! découverte par notre fils. Il avait 19 ans, un spéléologue lui a offert une plaque gravée en 2000.

Dans la grotte, Il a installé l'électricité avec l'aide de mon mari, tracé des allées bétonnées. Il l' a ouverte au marteau-piqueur et a sorti des tonnes d'argile et de pierres petit à petit. Nous l'avons tous un peu aidé, mais c'est lui qui a fait le gros travail!! Mais il a arrêté les travaux à la suite d'un léger accident. Un éboulement l'avait blessé au genou, puis il a été malade...


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La grotte un jour de pluie

Avec les pierres extraites de la grotte, mon mari travaille à la construction du mur qui entoure la maison.


- Je trouve que c'est une chance inouïe d'avoir fait ce genre de découverte. Est-ce sur un terrain vous appartenant ? A quelle profondeur se trouvent ces salles ? Bénéficient-elles d'une température stable ? J'imagine tout ce que je pourrais en faire si un tel cadeau me tombait dessus.

- Elle se trouve sous la maison et on y accède par la cave. Notre fils a énormément travaillé pour l'aménager. Mon mari l'a aidé surtout pour l'éclairage, je l'ai aidé aussi pour sortir des brouettes pleines de déblais et d'argile. Mais c'est lui qui a fait le plus gros travail. Deux ans de dur labeur. Je pense que la partie la plus haute de la grotte se trouve au moins à 6 m sous terre... La température y est de 14 ° hiver comme été. C'est un cadeau, oui, mais il ne rapporte rien !!! Du travail, de la fatigue, des fissures dans la maison. Mais cela a été un grand moment de bonheur pour tous et surtout pour notre fils.
Nous faisons parfois visiter à des amis. Il s'y trouve deux puits de 15 m de profondeur, plusieurs ( 5 ) salles dont une de 25 m avec coulées de calcite et beaux stalactites et stalagmites. La grotte pourrait se poursuivre, la galerie traverse toute la colline derrière chez nous, mais un éboulement empêche de nouveaux accès. Notre fils a arrêté les travaux à la suite d'un léger accident. Un éboulement l'avait blessé au genou.
Creuser devient dangereux. Quelques spéléologues ont visité la grotte...
En 2000 tous nos jeunes ont invité de la famille et des amis pour boire le champagne dans la grotte aménagée.
Avec les belles pierres trouvées et extraites, mon mari a construit un mur magnifique derrière la maison et grâce à elles nous avons aussi de beaux souvenirs à montrer. Avec les déblais nous avons pu combler un trou assez profond et en faire un parking. Peut-être un jour cette grotte pourra-telle être utilisée aussi pour des moyens écologiques de climatisation ou de chauffage... à condition de ne pas modifier l'ambiance de la grotte.

Fly notre chienne attend sa promenade. Elle surveille tous mes gestes. Ma seconde fille tour à tour corrige des copies, sommeille sous le plaqueminier ou lit Tintin. C’est à propos d’une plaisanterie de son frère qu’elle a eu envie de lire Tintin. Tintin a presque toujours été une référence pour notre troisième enfant.


Lorsque ma mère s'est cassé le col du fémur, j'ai eu deux longs séjours à Marseille. J'ai retrouvé le climat que j’aime, sauf le vent, bien sûr, et j'ai renoué un peu avec ma famille, trop longtemps perdue de vue. Mais il me tardait cependant de rompre un peu ce train-train trop monotone. Au retour chez moi, j'ai eu un accueil exceptionnel. C'est là qu'on se rend compte que la famille compte... Mon fils m'a téléphoné; ma fille et mon mari sont venus me chercher à la gare. Ma fille avait beaucoup à raconter sur son installation dans sa nouvelle maison, mon mari avait besoin d'amour...et les chiennes m'ont assaillies de câlins de jappements et de jalousies entre elles pour obtenir les compliments.

Pendant mon séjour à Marseille, j'ai lu, j'ai tricoté, j'ai entretenu un peu le jardin de ma mère; j'ai aussi visité ma mère bien sûr (elle était en rééducation) ma tante, des cousines, des amis, mais je me suis ennuyée. Bref beaucoup de démarches aussi et une overdose de télé, chez eux !!! Comment ai-je pu vivre ainsi pendant des années. Heureusement, les enfants et mon mari m'ont téléphoné souvent. Mon mari est même venu passer quelques jours avec moi mais il est reparti. Pourquoi est-ce que je me suis ennuyée chez moi ? Ma nouvelle famille me manque et je n'ai jamais été très bien chez mes parents. Manque d'affinités ? Manque... presque d'affection réciproque ??? Trop de temps, de km, d'idées nous séparent désormais. Je me demande même s'ils s'en sont rendus compte ??? Ils ne font pas non plus de gros efforts envers moi. Mon père est presque en train d'adopter son libanais qui n'attend que son argent. Ma mère reste fusionnelle avec mon père malgré son caractère. De toutes façons, même pendant ce séjour obligé mon père n'a fait aucun effort. Il sifflait comme à un chien pour m'appeler avec un vrai sifflet de policier. Il exigeait plusieurs légumes, de nombreux plats différents à chaque repas... Prenait à pleines mains ce qui ne lui plaisait pas et le jetait sur la table. Bref une horreur !!! Et pourtant il a réussi à me culpabiliser par sa mort, car il est mort quelques jours après un refus de ma part de venir de nouveau m'occuper de lui. Son dernier regard était suppliant lorsque je l'ai quitté, pour la première fois, j'ai senti sa faiblesse, un certain désarroi, mais je n'ai pas cédé. Le séjour seule avec lui avait été trop horrible. Plus de 30 ans de respect mutuel avec mon mari m'ont détaché de son égoïsme macho. D'ailleurs, ma mère était revenue de l'hôpital, il avait ses repas à domicile, sa femme de ménage, ses infirmières, une alarme d'appel au secours... En effet, j'avais dû aussi m'occuper de toutes ces démarches. J'avais obtenu une petite aide du conseil général et de la mairie... Et moi j'avais ma propre famille, loin de chez eux et j'avais déjà passé plusieurs mois avec lui puisque ma mère était en rééducation !! Mais dans son idée, une fille se devait de soigner son père, même un père égocentrique; elle devait supporter ses humeurs, ses ordres, son mépris...et abandonner sa famille.


- Excuse-moi de ne pas avoir pu t'écrire depuis un certain temps.J'ai dû partir plus tôt et d'urgence à Marseille car ma mère est tombée et s'est cassé encore le col du fémur. De l'autre côté cette fois.
Je n'ai pu prévenir personne.
J'ai reçu un coup de téléphone de sa voisine et une heure après, j'étais dans le train.J'ai réussi à arriver avant son opération. C'était sa grande peur qu'on l'amène avant de qu'elle puisse m'embrasser...


- Salut, je suis désolé pour ta maman, parait-il que cela se ressoude sans blem, c'est con la vieillesse, j'y pense aussi et ça me fout les boules mais que faire ? Profiter un max tant que c'est possible...

J'y suis allée seule par le train. Mon mari doit me rejoindre dès qu'il pourra. Il a quelques obligations : la fin des travaux dans la maison de notre fille et notre patrimoine à surveiller. Chaque année, nous avons un festival de jeunes qui amène ce que nous considérons comme des délinquants. Pas tous, certains !!! Ceux-ci cassent parfois des vitres ou tout ce qui est à leur portée.

Pour ma mère tout se passe bien aussi cette fois encore, sauf qu'elle s'ennuie depuis que je ne vais plus la voir à la clinique de rééducation...Elle n'a plus qu'une canne et marche peut-être mieux que beaucoup dans l'établissement.
Si tu veux avoir un frisson d'angoisse, c'est dans ce genre d'établissement qu'il faut aller... L'horreur : certains sont amputés à cause du diabète ou d'un accident. Des très jeunes même. J'en ai vu un à qui il ne restait que le tronc.Mais par contre ils font des prothèses extraordinaires. Les lutteurs et les courageux arrivent à remarcher et la jambe artificielle se devine à peine par une légère raideur.

Pour aller voir ma mère, je prends depuis un certain temps le train. j'y vais soit avec mon mari, soit seule. Un jour que j'étais seule, j'ai eu affaire au contrôleur habituel. Il me connaissait de vue. Dans les petits villages il n'y a pas de composteur, il faut chercher le contrôleur du train pour montrer son billet ou l'acheter. Il finit par me connaître donc. Nous bavardons parfois juste quelques mots...Et cette fois, il n'a pas voulu que je paie... Bien que prenant de l'âge et bien que mariée... je reste sensible à ce genre de séduction.

- Tu as tapé dans l'oeil du contrôleur, tu as fait fort, c'est pas à moi qu'on ferait une telle faveur lol !!!



Des abeilles se sont invitées à la maison printemps 2007


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Les abeilles qui ont élu domicile entre la fenêtre et les volets de la chambre d'amis


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Lorsque les abeilles ont fait leur ruche entre le volet et la fenêtre de la chambre d'amis, il nous a fallu faire appel à un apiculteur. Il ne s'est pas embarrassé de précautions !! Les abeilles restées sont mortes dans la chambre. Elles avaient perdu leur reine. La chambre, des jours après ( nous avions peur de nous faire piquer!!!) gardait l'odeur du produit utilisé pour les endormir et, le sol était tapissé d'abeilles mortes et de miel. Pas facile à nettoyer tout ça !!! D'autant que la chambre a un sol de planches et que j'ai peur d'utiliser des produits qui pourraient abîmer définitivement le plancher.




Date de création : 06/12/2004 - 04:00
Dernière modification : 15/09/2009 - 14:10
Catégorie : Anecdotes de famille
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Réaction n°1 

par pierre le 01/02/2009 - 11:00

Plutôt sympa ce site; je suis tombé dessus par hasard.


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